Soutenance de thèse

Représentation du genre et des sexualités dans les méthodes d’éducation à la sexualité élaborées en France et en Suède

La soutenance de thèse d’ Élise Devieilhe aura lieu le mardi 17 décembre à 14 h en Salle du Conseil, bâtiment B, campus 1, Université de Caen Basse-Normandie.

Résumé

Parce qu’elle indique l’expression socialement acceptable de la sexualité, l’éducation à la sexualité diffusée par une société reflète ses représentations et ses choix en matière d’organisation sociale de la sexualité. L’objet de cette thèse est d’analyser dans une perspective socio-historique (du début du XXe siècle à aujourd’hui) et socio-culturelle franco-suédoise, les méthodes et théories d’éducation à la sexualité, afin d’y discerner les conceptions du genre et des sexualités qu’elles véhiculent. Si la pratique de l’éducation à la sexualité reste encore aujourd’hui, en Suède comme en France, largement dépendante de volontés individuelles et non généralisée, les méthodes développées sont en revanche mieux structurées et plus étayées en Suède qu’en France. Une analyse de contenu de plusieurs supports d’éducation à la sexualité (textes officiels et diverses productions écrites et illustrées) ainsi que des entretiens avec des personnes ressources permettent de définir certaines caractéristiques des deux pays en ce domaine : tandis que la Suède a commencé à intégrer à son éducation à la sexualité une réflexion critique sur le genre, c’est loin d’être le cas en France. La problématisation de l’hétéronormativité est par ailleurs tout à fait absente de l’éducation française à la sexualité, alors qu’elle se diffuse peu à peu dans les textes officiels suédois, sous l’impulsion de mouvements associatifs et d’universitaires. Or, en l’absence d’une réflexion critique sur le genre et l’hétéronormativité – ce que l’on constate en France, et dans une moindre mesure en Suède – la conception de la sexualité diffusée par l’éducation à la sexualité est biologisante (centrée sur la reproduction), associant la sexualité au sentiment amoureux (norme du couple et de l’amour), négative (centrée sur les risques), différentialiste (hommes et femmes étant présentés comme complémentaires), et hétéronormative. Une partie de l’analyse se concentre sur des méthodes alternatives : la pédagogie inclusive et la pédagogie critique de la norme, élaborées en Suède et appliquées à l’éducation à la sexualité.

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