Catégorie : Appels à contribution

Appel à communications – Deshima n°21 (2027) : L’Europe du Nord en 2100

Appel à communications – Deshima n°21 (2027) : L’Europe du Nord en 2100

[English below]

À l’occasion des 20 ans de la revue Deshima, nous proposons de nous tourner vers l’avenir et vous invitons à réfléchir avec nous à ce que pourrait être « L’Europe du Nord en 2100 ». Le Nord est ici considéré dans son sens le plus large possible, c’est-à-dire les pays ayant une ouverture maritime vers la mer de la Baltique, la mer du Nord, la mer du Groenland et la mer de Barents (De la Belgique aux pays scandinaves en passant par les Pays-Bas).

Quels visages, quels enjeux, quelles mutations politiques, sociales, culturelles, économiques ou environnementales pouvons-nous imaginer pour cette zone géographique d’ici la fin du siècle ? Nous invitons chercheurs et chercheuses à partager analyses, hypothèses et visions. L’objectif est d’une part d’interroger les trajectoires possibles : l’évolution des identités nationales et régionales, les transformations démographiques, la transition énergétique, l’impact du changement climatique, la circulation des savoirs et des cultures, ou encore la place des pays nord-européens dans les équilibres géopolitiques mondiaux etc. En mobilisant à la fois l’histoire, les sciences sociales, la littérature, les arts et la prospective, nous souhaitons donner naissance à une réflexion collective qui dépasse le cadre disciplinaire et ouvre des pistes d’imagination pour penser autrement les devenirs du Nord.

À quoi ressemblera « l’Europe du Nord en 2100 » ? Des territoires engloutis par la montée des eaux ou au contraire des cités flottantes pionnières survolées par de nouveaux moyens de transports extraordinaires ? Des paysages marqués par la fonte des glaces et la réinvention des modes de vie, ou des espaces au contraire où la glace domine, devenus laboratoires de transitions écologiques et culturelles ? Des sociétés où sont nées de nouvelles langues métissées et de nouveaux rituels et où les frontières nationales ne seraient plus que des vestiges, ou des communautés qui seraient retranchées, farouchement attachées à leurs singularités ? La mer du Nord peut-elle devenir une nouvelle Méditerranée à la faveur d’un potentiel tourisme climatique ? Les légendes du Nord seront-elles réinventées et adaptées à la crise climatique (apparition de nouveaux mythes aquatiques) ? Il s’agira ainsi d’ouvrir des chemins de pensée, d’explorer des utopies comme des dystopies. La science-fiction pourrait être également mobilisée : elle n’est pas seulement une échappée vers ce qui peut sembler impossible, elle est un outil pour penser les avenirs plausibles, désirables ou inquiétants. Nous vous invitons à mobiliser votre créativité critique, vos récits spéculatifs, vos visions prospectives pour dessiner ces futurs nord-européens.

Un angle d’étude particulièrement stimulant, également, consisterait à interroger les récits de science-fiction déjà produits par le passé par les pays d’Europe du Nord. Ces territoires ont en effet développé, depuis le XXᵉ siècle, une production souvent méconnue mais riche de singularités. Explorer ces fictions — qu’il s’agisse d’œuvres littéraires, poétiques, cinématographiques (films, documentaires, séries) ou visuelles (jeux vidéo, affiches) — permettrait de mettre en lumière des imaginaires du futur profondément ancrés dans ces contextes nord-européens. Sans être limitatif, on pense par exemple à Starship Troopers de Paul Verhoeven, les romans de science-fiction d’Alfred Elton Van Vogt, américain d’origine néerlandaise, Solaris korrigert du Norvégien Øyvind Rimbereid, Fugl de Sigbjørn Skåden, premier roman de science-fiction d’un Sámi, Tainaron: Postia toisesta kaupungista de l’autrice finoise Leena Krohn, Aniara, film suédo-danois adapté du poème de Harry Martinsson, UFO Sweden, film suédois de Victor Danell de 2022, Blindpassasjer, Série de TV norvégienne de 1978, New Babylon, un projet utopique d’urbanisme élaboré dans les années 1960 par Constant Anton Nieuwenhuys, alors membre du mouvement situationniste et influencé par Guy Debord. D’autres fondateurs et membres de COBRA pourront également être mobilisés. Ces exemples ne sont naturellement pas limitatifs.

Nous appelons ainsi à des contributions capables de nourrir ces horizons : récits d’anticipation, scénarios prospectifs, analyses visionnaires, fictions politiques ou propositions esthétiques, analyse d’anciennes productions culturelles. Pour célébrer ses vingt ans, Deshima souhaite que ce numéro soit le lieu où s’esquissent des futurs désirables ou effrayants pour le Nord européen.

Ce numéro de Deshima est placé sous la direction conjointe de Thomas Beaufils, Roberto Dagnino, Cyrille François et Thomas Mohnike.

Modalités de soumission

Les propositions devront être envoyées à Thomas Beaufils (thomas.beaufils@univ-lille.fr), Roberto Dagnino (dagnino@unistra.fr), Cyrille François (cyrille.francois@unil.ch) et Thomas Mohnike (tmohnike@unistra.fr) avant le 28 février 2026. Elles comprendront :

  • un titre ;
  • un résumé de 200 à 300 mots ;
  • 5 mots-clés ;
  • une courte notice biographique (5-6 lignes).

Une réponse sera transmise aux auteur·e·s courant mars 2026. Les articles complets seront attendus pour le 30 septembre 2026. Après évaluation en double aveugle, les textes acceptés seront publiés dans le numéro de 2027.

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Call for Papers – Deshima no. 21 (2027)

https://pus.unistra.fr/collection-revue/deshima

Northern Europe in 2100

To celebrate the 20th anniversary of Deshima, we turn our gaze to the future and invite you to join us in imagining what “Northern Europe in 2100” might look like. The North is considered here in its broadest possible sense, encompassing the countries with maritime access to the Baltic Sea, the North Sea, the Greenland Sea, and the Barents Sea (from Belgium to the Scandinavian countries, via the Netherlands).

What forms, challenges, and transformations—political, social, cultural, economic, or environmental—might shape this region by the end of the century? We welcome scholars to share analyses, hypotheses, and visions. The aim is twofold: first, to explore possible trajectories, such as the evolution of national and regional identities, demographic shifts, the energy transition, the impact of climate change, the circulation of knowledge and cultures, and the role of Northern European countries in global geopolitics. Second, we aim to foster a collective reflection that transcends disciplinary boundaries, drawing on history, social sciences, literature, the arts, and foresight studies to open imaginative pathways for thinking the futures of the North differently.

What will “Northern Europe in 2100” look like? Territories swallowed by rising sea levels—or, on the contrary, pioneering floating cities connected by revolutionary modes of transport? Landscapes reshaped by melting ice and reinvented ways of life—or ice-dominated spaces, becoming laboratories for ecological and cultural transitions? Societies in which new hybrid languages and rituals have emerged and in which national borders are mere remnants—or communities that have withdrawn, fiercely clinging to their singularities? Could the North Sea become a new Mediterranean thanks to climate-driven tourism? Will Northern legends be reimagined to address the climate crisis (giving rise to new aquatic myths)? The issue seeks to open up new lines of thought and explore both utopias and dystopias. Science fiction may also be mobilized: it is not merely an escape toward what may seem impossible; it is a tool for envisioning plausible, desirable, or unsettling futures. We invite you to draw on your critical creativity, speculative narratives, and forward-looking visions to sketch these Northern European futures.

A particularly stimulating angle would also be to examine science-fiction narratives produced in the past by Northern European countries. Since the 20th century, these territories have developed a body of work rich— yet often overlooked—in distinctive features. Exploring these fictions—whether literary, poetic, cinematic (films, documentaries, series), or visual (video games, posters)—would help bring to light imaginaries of the future deeply rooted in Northern European contexts. Without being exhaustive, one might think, for example, of Starship Troopers by Paul Verhoeven; the science-fiction novels of Alfred Elton Van Vogt, an American of Dutch origin; Solaris korrigert by the Norwegian Øyvind Rimbereid; Fugl by Sigbjørn Skåden, the first science-fiction novel by a Sámi author; Tainaron: Postia toisesta kaupungista by the Finnish writer Leena Krohn; Aniara, a Swedish–Danish film adapted from Harry Martinson’s poem; UFO Sweden, a 2022 Swedish film by Victor Danell; Blindpassasjer, a 1978 Norwegian TV series; New Babylon, a utopian urban-planning project developed in the 1960s by Constant Anton Nieuwenhuys, then a member of the Situationist movement and influenced by Guy Debord. Other founders and members of COBRA may also be mobilized. These examples are, of course, not exhaustive.

We welcome contributions that help shape these horizons: anticipatory narratives, foresight scenarios, visionary analyses, political fictions or aesthetic proposals, and analyses of earlier cultural productions. To celebrate its 20th anniversary, we hope for this issue of Deshima to become the place where desirable—or unsettling—futures for Northern Europe are imagined.

This issue of Deshima is jointly edited by Thomas Beaufils, Roberto Dagnino, Cyrille François, and Thomas Mohnike.

Submission guidelines

Proposals should be sent to Thomas Beaufils (thomas.beaufils@univ-lille.fr), Roberto Dagnino (dagnino@unistra.fr), Cyrille François (cyrille.francois@unil.ch), and Thomas Mohnike (tmohnike@unistra.fr) by 28 February 2026. They should include:

  • a title;
  • an abstract of 200–300 words;
  • 5 keywords;
  • a short biographical note (5–6 lines).

Authors will be notified in March 2026. Full papers will be due by 30 September 2026. After double-blind peer review, accepted articles will be published in the 2027 issue.

AAC : La perte du Nord. Trajectoires de l’histoire européenne de l’imaginaire du Nord

AAC : La perte du Nord. Trajectoires de l’histoire européenne de l’imaginaire du Nord

Victor Tissot, Constant Améo : Le pôle nord et le pôle sud, Firmin-Didot (Paris) 1887. CC-BY numistral.fr

Organisé par Raphaël Jamet & Thomas Mohnike

Strasbourg, 20 & 21 mai 2026

[English below]

A l’occasion de la préparation d’une exposition à la Bibliothèque nationale universitaire de Strasbourg en 2027 consacrée à la création du Nord comme espace de désir et d’effroi dans l’histoire européenne et sa disparation à craindre, ce colloque se propose de travailler sur les grands axes de cette histoire, ses complications et sur les petits objets qui la traversent.

En effet, que nous arrivera-t-il si le Nord disparaît ? Si tout ce que nous associons au Nord n’existe plus ? La glace, la neige, le froid, la nature animée aux confins du blanc, sans arbres et vivante, réduite à l’essentiel, résiliente, et les hommes qui se sont adaptés à ces lieux ? Ces lieux sur lesquels nous avons projeté nos peurs et nos rêves pendant des siècles, ces régions que nous avons imaginées hostiles à la vie, où l’homme peut découvrir ses limites et devenir un héros ; ces paysages qui semblaient intacts, utopiques et préservés ? Cette perte touche bien sûr en premier lieu les personnes qui vivent au nord du cercle polaire, mais ne nous concerne-t-elle pas aussi ? Nous, Européens vivant au sud de ce cercle, qui n’avons pour la plupart aucune expérience directe de ces lieux, nous qui recherchons les effrois de la glace et des ténèbres, pour citer le titre du roman de Christoph Ransmayr (Die Schrecken des Eises und der Finsternis, 1984), assis confortablement dans nos fauteuils ?

Il n’est pas question de nier pour autant l’urgence écologique, politique et sociale impliquée par les changements climatiques et l’exploitation des territoires et des hommes, mais bien de s’interroger sur ces imaginaires et projections souvent nostalgiques. Pour reprendre les idées de Svetlana Boym sur l’avenir de la nostalgie, il s’agira de ne pas repenser le Nord dans une volonté restaurative, mais plutôt dans un élan réflexif (The Future of Nostalgia, 2001). Se poser ces questions est aussi une manière d’interroger nos imaginaires collectifs, leurs histoires et leurs conséquences présentes et futures dans et hors de ces espaces et cultures.

L’exposition comme le colloque sont articulés autour de 5 axes qui articulent les tensions dialectiques qui traversent l’histoire du Nord :

Perdre / imaginer : Lorsqu’on imagine quelque chose ou un quelque part nommé nord, les affects, images, désirs et peurs que nous y attachons semblent récurrentes, évolutives et en tout point collectives. Comment envisage-t-on alors la perte du référent essentiel (bien qu’inconnu et hors de toute expérience connue pour certains) de cet imaginaire, comment même le raconte-t-on ? Entre perdre et imaginer, nous proposons d’explorer cette œuvre collective, parfois conflictuelle qui porte peut être en elle-même sa propre perte. Comment penser l’imaginaire de la perte elle-même ? Peut-on concilier cette perte du nord comme réelle autant qu’imaginaire ?

Libérer / Dominer : Cette oscillation, dans le passé et dans l’écriture de ce passé se définit et structure autour d’une représentation d’espaces et de peuples qu’il faut libérer ou dominer, qui sont libres et dominants, qui se libèrent ou qui dominent. Ce Nord identifié comme celui de l’autre – géographique ou temporel – voire d’un âge d’or mythique est celui du double visage des sociétés vikings tantôt barbares, tantôt guerrières, parfois marchands pacifiques et mêmes démocrates avant l’heure, tour à tour colons et colonisés. Cette dualité est reprise à la fois par les historiographies et idéologies d’extrême droite avec cette nostalgie déjà d’une époque et son espace révolu que par les explorateurs du Nord comme Fridtjof Nansen, Roald Amundsen et les amiraux britanniques à la recherche du passage Nord-Ouest. Que devient ce canevas sur lequel les fantasmes de domination comme de libération se sont projetés, de l’ère médiévale à l’ère moderne en passant par les réinterprétations médiévalistes du 19e siècle, lorsque son référentiel, aussi construit soit-il disparaît ? Comment nous construire et nous raconter sans cet autre ? Quelle fonction la nostalgie de cette double figure a-t-elle joué et joue-t-elle encore ?

Explorer / Cartographier : Est-ce qu’on peut figer l’inconnu ? Si les récits collectifs, les instrumentalisations politiques et les écritures et réécritures de l’histoire puisent partiellement leurs sources dans un Nord jamais visité, jamais rencontré et toujours raconté, des véritables explorations sont pourtant menées au moins depuis l’époque médiévale pour découvrir des terres, des ressources naturelles comme des baleines et des phoques ; et le public admirait les explorateurs à travers des beaux ouvrages, cartes et curiosités qui en ont découlé. Ce nord des voyageurs est cette collection de cartes, d’objets, de traces et de récits qui ont nourri notre imaginaire moderne, y compris celui des sciences. Qui récolte ? Pour qui ? Où expose-t-on et fige-t-on ce Nord ? Quelles sont les zones d’ombre d’alors et comment s’intègre la notion de perte ou de nostalgie dans un relevé qui se veut aussi minutieux que possible ? A-t-on déjà peur de sa disparition ou de s’y perdre ? Ce Nord scientifique, fantasmé, politique et ses récits exogènes a pourtant maintenant déjà disparu, par le temps et le climat. Comment cet imaginaire scientifique collectif se déploie-t-il et quelle fonction a-t-il rempli, jusqu’à nous ?

Raconter / Oublier: L’une des grandes incarnations de cet imaginaire collectif à la dialectique puissante est dans les livres, les films, les jeux. L’histoire européenne de ce Nord est tout autant imaginée, écrite et réécrite dans la fiction. Le Nord est, a-t-on compris, tour à tour un décor, un acteur, un motif et un trope littéraire. Où trouve-t-on l’articulation avec la perte du Nord ? Quel est le rôle structurant narrativement de ce mythème de la perte, du vide et de l’oubli dans son association avec le Nord ? Raconte-t-on par peur de l’oublier ? Qu’en retient-on ? A force de répéter, d’en explorer les variations, prend-t-on le risque d’oublier quelque chose de ce Nord qui nous échappe ?

Exploiter / Résister / Connecter : Le Nord, les nords, les régions, les espaces nordiques sont des lieux d’habitation, de mémoire, de culture, de travail, de création, de luttes comme autant de territoires que l’on exploite jusqu’à sa perte et où l’on résiste à cette disparition. La réappropriation des imaginaires pour le tourisme comme pour la mémoire questionne par exemple le jeu entre la re-territorialisation et la nostalgie restaurative. Les mines de fer de Kiruna ont été l’occasion de la création des parcs nationaux pour conserver un élément du Nord en train d’être détruit ; les parcs nationaux à leur tour des obstacles pour la transhumances des rennes ; l’industrialisation de l’élevage des rennes une raison pour la perte d’emploi des samis ; le tourisme profitant de la richesse de ces territoires pour visiter les mines, les rennes, les montagnes, les lacs et les moustiques. Dans ce monde connecté et mondialisé, quels changements observe-t-on alors que les nords communiquent et partagent activement leurs actions comme leurs imaginaires ?

Proposition de 400 mots maximum (incluant une courte notice biographique) à envoyer à tmohnike [a] unistra.fr et rjamet [a] unistra.fr jusqu’au 31 janvier 2026. Les communications pourront être en français ou en anglais.

The Loss of the North. Trajectories of European History of the Imagined North

Organized by Raphaël Jamet & Thomas Mohnike

Strasbourg, May 20 & 21, 2026

In preparation for an exhibition at the Bibliothèque nationale universitaire de Strasbourg in 2027 devoted to the creation of the North as a place of desire and fear in European history and its impending disappearance, this symposium aims to explore the main themes of this history, its complications, and the small objects that inhabit it.

What will happen to us if the North disappears? If everything we associate with the North ceases to exist? The ice, the snow, the cold, the animated nature at the edge of whiteness, treeless and alive, reduced to the essentials, resilient, and the people who have adapted to these places? These places onto which we have projected our fears and dreams for centuries, these regions that we have imagined to be hostile to life, where man can discover his limits and become a hero; these landscapes that seemed untouched, utopian, and preserved? This loss affects, of course, first and foremost the people who live north of the Arctic Circle, but does it not also concern us? We Europeans living south of the Arctic Circle, most of whom have no direct experience of these places, who seek out the terrors of ice and darkness, to quote the title of Christoph Ransmayr’s novel (Die Schrecken des Eises und der Finsternis, 1984), sitting comfortably in our armchairs?

This is not to deny the ecological, political, and social urgency implied by climate change and the exploitation of territories and people, but rather to question these often nostalgic imaginations and projections. To echo Svetlana Boym’s ideas on the future of nostalgia, it is not a question of rethinking the North in a restorative mood, but rather in a reflectional one (The Future of Nostalgia, 2001). Asking these questions is also a way of questioning our collective imaginations, their histories and their present and future consequences within and outside these spaces and cultures.

Both the exhibition and the symposium are structured around five themes that articulate the dialectical tensions that run through the history of the North:

Losing / imagining: When we imagine something or some place we call the North, the emotions, images, desires, and fears we attach to it seem recurrent, evolving, and entirely collective. How, then, do we envisage the loss of the essential referent (albeit unknown and beyond the experience of some) of this imaginary, and how do we even describe it? Between losing and imagining, we propose to explore this collective, sometimes conflictual work, which may in itself carry its own loss. How can we conceive of the imaginary of loss itself? Can we reconcile this loss of the North as both real and imagined?

Liberate/Dominate: This oscillation, in the past and in the writing of this past, is defined and structured around representations of places and peoples that must be liberated or dominated, that are free and dominant, that liberate themselves or dominate. This North, identified as that of the other—geographical or temporal—or even of a mythical golden age, is that of the dual face of Viking societies, sometimes barbaric, sometimes warlike, sometimes peaceful merchants and even democrats before their time, sometimes colonizers, sometimes colonized. This duality is echoed both in far-right historiographies and ideologies, with their nostalgia for a bygone era and space, and by explorers of the North such as Fridtjof Nansen, Roald Amundsen, and the British admirals in search of the Northwest Passage. What becomes of this canvas onto which fantasies of domination and liberation have been projected, from the medieval era to the modern era, via the medievalist reinterpretations of the 19th century, when its frame of reference, however constructed, disappears? How can we construct and narrate ourselves without this other? What function has the nostalgia for this dual figure played and does it still play?

Exploring / Mapping: Can we pin down the unknown? While collective narratives, political instrumentalizations, and the writing and rewriting of history draw their sources in part from a North that has never been visited, never encountered, and always recounted, real explorations have nevertheless been carried out since at least medieval times to discover lands and natural resources such as whales and seals; and the public admired the explorers through the beautiful books, maps, and curiosities that resulted from their journeys. This North of travelers is a collection of maps, objects, traces, and stories that have fed our modern imagination, including that of science. Who collects? For whom? Where is this North exhibited and frozen in time? What are the areas of uncertainty back then, and how does the notion of loss or nostalgia fit into a record that aims to be as meticulous as possible? Are we already afraid of its disappearance or of getting lost in it? This scientific, fantasized, political North and its exogenous narratives have already disappeared, however, due to time and climate. How does this collective scientific imagination unfold and what function has it fulfilled, up to the present day?

Telling / Forgetting: One of the most powerful manifestations of this collective imaginary is found in books, films, and games. The European history of this North is just as much imagined, written, and rewritten in fiction. The North is, as we have understood, alternately a setting, an actor, a motif, and a literary trope. Where do we find the connection with the loss of the North? What is the narrative structuring role of this mytheme of loss, emptiness, and oblivion in its association with the North? Do we tell stories for fear of forgetting? What do we retain? By repeating and exploring its variations, do we risk forgetting something about this North that eludes us?

Exploit / Resist / Connect: The North, the northern regions, the northern spaces are places of habitation, memory, culture, work, creation, and struggle, as well as territories that we exploit to the point of loss and where we resist this disappearance. The reappropriation of imaginaries for tourism and memory questions, for example, the interplay between reterritorialization and restorative nostalgia. The iron mines of Kiruna provided an opportunity to create national parks to preserve an element of the North that was being destroyed; the national parks, in turn, became obstacles to reindeer transhumance; the industrialization of reindeer herding a reason for the loss of Sami jobs; tourism taking advantage of the richness of these territories to visit the mines, reindeer, mountains, lakes, and mosquitoes. In this connected and globalized world, what changes can we observe as the North actively communicates and shares its actions and imaginations?

Proposals of up to 400 words (including a short biographical note) should be sent to tmohnike [a] unistra.fr and rjamet [a] unistra.fr by January 31, 2026. Contribution may be in French or English.

Appel à Contributions : Traduire la littérature de l’Europe du Nord à l’ère technologique (Deshima 2026)

[English below]

Appel à communications – Deshima n°20 (2026)

Traduire la littérature de l’Europe du Nord à l’ère technologique : reconfigurations culturelles, enjeux politiques et mutations professionnelles

Le monde de la traduction et de la littérature traverse actuellement une phase de profonds bouleversements. Ces évolutions remettent en question des méthodologies bien établies, des hiérarchies institutionnelles, des pratiques professionnelles, mais aussi des imaginaires culturels et littéraires. Elles affectent également les formations universitaires et les modes de circulation des textes, redessinant les contours du champ littéraire mondial.

Pour une revue comme Deshima, consacrée aux relations culturelles, littéraires et linguistiques entre l’Europe du Nord et le monde francophone, il nous semble essentiel, à la veille de son vingtième anniversaire, de consacrer un numéro thématique à la traduction, à l’orée de ces transformations. L’objectif est d’étudier comment des voix issues d’aires linguistiques et géographiques moins dominantes – en raison d’un nombre de locuteurs modeste ou d’un manque de visibilité dans les circuits dominants de la traduction – ont su se faire entendre et d’évaluer ce que peut modifier l’évolution des pratiques traductives.

Ce numéro souhaite notamment mettre en lumière les liens entre les littératures du Nord et du Sud, que ce soit à travers des réseaux historiques de traduction, des logiques d’asymétrie linguistique, ou des circulations indirectes par le biais de langues intermédiaires (comme le français ou l’anglais). Il s’agit aussi d’interroger les écarts – mais aussi les zones d’échange – entre « grandes » et « petites » langues, entre aires centrales et périphériques, entre pratiques traditionnelles et défis liés à l’émergence de nouvelles technologies.

Pour son 20ᵉ numéro, Deshima lance donc un appel à contributions sur le thème de la traduction littéraire, envisagée à la fois comme pratique textuelle, enjeu culturel, réalité socio-économique et objet politique. Les propositions pourront s’inscrire dans une perspective synchronique (études de cas contemporains, état des lieux actuels) ou diachronique (histoire des pratiques et des institutions de traduction).

Voici quelques axes thématiques possibles (liste non exhaustive) :

  • Corpus traduit. Quel·le·s auteur·e·s et quelles œuvres sont traduits ? Qui est canonisé à travers la traduction ? Certains pays sont-ils sous-représentés ? Certains genres sont-ils davantage traduits (roman, polar, jeunesse, etc.) ?
  • Traducteur·ices. Qui traduit ? Traduisent-ils/elles de plusieurs langues ? Quel est le rôle du genre, de la formation ou du statut professionnel dans cette activité ?
  • Édition et publication. Quel·le·s maisons d’édition, collections ou réseaux éditoriaux structurent le champ de la traduction littéraire ?
  • Institutions et politiques. Quelles structures (États, fondations, programmes européens, etc.) soutiennent ou orientent les politiques de traduction ?
  • Réception. Quelle est la visibilité des traductions dans la critique littéraire, la presse, les médias spécialisés ? Comment les traductions du Nord sont-elles reçues dans les espaces francophones (et inversement) ?
  • Aspects linguistiques et stylistiques. Quels défis posent les structures grammaticales, la syntaxe ou la prosodie des langues du Nord dans la traduction littéraire ?
  • Paratextes et stratégies éditoriales. Quelle place occupent les préfaces, notes, choix typographiques ou stratégies éditoriales dans l’accueil des traductions ?
  • Étrangéisation vs. domestication. Les traductions valorisent-elles l’« exotisme » de la culture source, ou cherchent-elles à l’effacer au profit d’une lecture qui rend les œuvres plus familières au lectorat cible ?
  • Traductions indirectes (ou relais). Quel rôle le français joue-t-il comme langue de passage ? Certaines œuvres du Nord sont-elles traduites à partir de l’allemand, de l’anglais ou d’une autre langue ?
  • Traduction humaine vs. automatique. Comment les traducteurs littéraires du Nord (et d’ailleurs) perçoivent-ils les avancées de la traduction neuronale ? Quels débats ont cours dans ces milieux ?

Dans la revue Deshima, une attention particulière est portée aux langues nationales de la Scandinavie (et au finnois, à l’islandais, etc.), ainsi qu’au néerlandais. Le comité de rédaction encourage également les propositions portant sur des langues moins diffusées (comme le frison ou d’autres langues nordiques minorées), ou sur des espaces géographiques historiquement connectés à l’Europe du Nord.

Les études comparatives, les analyses de traductions vers d’autres langues que le français, ou encore les travaux sur les dynamiques croisées de traduction (via le français, ou entre espaces culturels) seront également les bienvenus, pourvu qu’un lien explicite soit établi avec la sphère francophone.

Modalités de soumission

Les propositions devront être envoyées à Roberto Dagnino (dagnino@unistra.fr) et Cyrille François (cyrille.francois@unil.ch) avant le 15 septembre 2025. Elles comprendront :

  • un titre ;
  • un résumé de 200 à 300 mots ;
  • 5 mots-clés ;
  • une courte notice biographique (5-6 lignes).

Une réponse sera transmise aux auteur·e·s début octobre. Les articles complets seront attendus pour le 31 janvier 2026. Après évaluation en double aveugle, les textes acceptés seront publiés dans le numéro de novembre 2026.

Lire la suite : Appel à Contributions : Traduire la littérature de l’Europe du Nord à l’ère technologique (Deshima 2026)

Call for Papers – Deshima No. 20 (2026)

Translating Northern European Literature in the Digital Era: Cultural Reconfigurations, Political Stakes, and Professional Transformations

The fields of translation and literature are currently undergoing profound transformations. These developments are challenging well-established methodologies, institutional hierarchies, professional practices, as well as cultural and literary imaginaries. They also impact university curricula and the modes through which texts circulate, thereby reshaping the contours of the global literary landscape.

For a journal like Deshima, devoted to the cultural, literary, and linguistic relations between Northern Europe and the Francophone world, it seems essential—on the eve of its twentieth anniversary—to dedicate a thematic issue to translation in the context of these transformations. The objective is to examine how voices emerging from less dominant linguistic and geographical areas—whether due to a smaller number of speakers or a lack of visibility in the dominant translation circuits—have managed to make themselves heard, and to assess the extent to which evolving translation practices are contributing to this shift.

This issue aims in particular to shed light on the connections between Northern and Southern literatures, whether through historical translation networks, dynamics of linguistic asymmetry, or indirect circulations via intermediary languages (such as French or English). It also seeks to explore the gaps—and the exchange zones—between “major” and “minor” languages, between central and peripheral regions, and between traditional practices and the challenges arising from new technologies.

For its 20th issue, Deshima is therefore launching a call for contributions on the theme of literary translation, considered as a textual practice, a cultural stake, a socio-economic reality, and a political object. Contributions may adopt a synchronic perspective (case studies of the present day, current overviews) or a diachronic one (historical studies of translation practices and institutions).

Possible thematic axes include (non-exhaustive list):

  • Translated corpus. Which authors and works are being translated? Who is canonised through translation? Are certain countries under-represented? Are some genres more frequently translated (novels, crime fiction, children’s literature, etc.)?
  • Translators. Who translates? Do they work from multiple languages? What role does gender, training, or professional status play in this activity?
  • Publishing and distribution. Which publishing houses, series, or editorial networks structure the field of literary translation?
  • Institutions and policies. Which institutions (States, foundations, European programmes, etc.) support or influence translation policies?
  • Reception. What visibility do translations have in literary criticism, the press, and specialist media? How are translations from the North received in Francophone contexts (and vice versa)?
  • Linguistic and stylistic aspects. What challenges are posed by the grammar, syntax, or prosody of Northern languages in literary translation?
  • Paratexts and editorial strategies. What role is played by prefaces, notes, typographical choices, or editorial strategies in the reception of translations?
  • Foreignisation vs. domestication. Do translations highlight the “exoticism” of the source culture, or do they seek to erase it in favour of a reading experience more familiar to the target audience?
  • Indirect (relay) translations. What role does French play as a bridge language? Are some works from the North translated via German, English, or another language?
  • Human vs. machine translation. How do literary translators in the North (and elsewhere) perceive the advances in neural translation? What debates are taking place in these circles?

In the journal Deshima, special attention is given to the national languages of Scandinavia (and to Finnish, Icelandic, etc.), as well as Dutch. The editorial board also encourages proposals concerning lesser-used languages (such as Frisian or other minoritised Nordic languages), or on geographical areas historically connected to Northern Europe.

Comparative studies, analyses of translations into languages other than French, or research on cross-translation dynamics (via French, or between cultural spaces) are also welcome, provided a clear link is established with the Francophone sphere.

Submission Guidelines

Proposals must be sent to Roberto Dagnino (dagnino@unistra.fr) and Cyrille François (cyrille.francois@unil.ch) by 15 September 2025. They should include:

• a title
• an abstract of 200 to 300 words; 
• 5 keywords
• a short biographical note (5–6 lines).

Authors will receive a response in early October. Complete articles will be expected by 31 January 2026. Following double-blind peer review, accepted texts will be published in the November 2026 issue.

The Great Viking Survey

The Great Viking Survey

The University of Oslo has recently launched the Great Viking Survey, a wide-ranging study to explore how people across the world perceive and engage with the vikings as history and heritage, and to map the many ways in which contemporary media and academia shape these views. This online survey invites anyone, anywhere, over 18, to share their thoughts on the iconic viking warrior figure, as well as the enduring legacy and memory of the vikings in the modern world. In doing so, researchers will be able to shine an unprecedented light on the means and mechanisms that allow images and myths of the vikings to be shaped and spread in the public sphere.

The survey is part of the Making a Warrior-project, a pan-Nordic network of scholars examining the concept of viking ‘warriorhood’ and its representations past and present. By determining how ideas and images of vikings are shared among different communities and demographics, the project is able inform future outreach and cultural heritage initiatives that respond to public interest, while fostering a nuanced appreciation of the Viking Age.

The Great Viking Survey is now live at vikingsurvey.org, and remains open until mid-May 2025.

The associated press release from the University of Oslo can be found here.

Please feel free to share far and wide! 

AAC : Les sociétés nordiques au prisme des pratiques langagières urbaines contemporaines

AAC : Les sociétés nordiques au prisme des pratiques langagières urbaines contemporaines

Dossier spécial de la revue Nordiques

Date limite de soumission : 31 mars 2025

Rinkebysvenska (Kotsinas, 1988), kebabnorsk (Aasheim, 1997), perkerdansk (Jørgensen, 2000), dialecte de contact urbain (Kerswill & Wiese, 2022), pratiques stylistiques urbaines contemporaines (Svendsen, 2022), ou plus récemment multiethnolecte moderne urbain (Quist, 2024), telles sont les nombreuses dénominations exogènes en circulation depuis près de quarante ans pour désigner les nouvelles façons de parler et d’écrire les langues nationales majoritaires suédoise, danoise et norvégienne par les ‘jeunes’ générations ayant un lien avec l’immigration. Cet objet d’études, aussi vaste que complexe, a d’abord fasciné les linguistes, qui ont tenté d’établir un cadre théorique unique, rendant compte des formes et usages de ces unités lexicales, syntaxiques et phonologiques innovantes, auparavant qualifiées de déviantes de la norme. En effet, l’ouvrage collectif nordique Multilingual Urban Scandinavia : New Linguistic Practices (Quist & Svendsen, 2008) met en évidence pour la première fois des corrélations linguistiques, discursives et idéologiques en Suède, au Danemark et en Norvège, tout en soulignant des particularismes dus aux différences de trajectoires nationales avec l’immigration. Ainsi, si les multiethnolectes se retrouvent dans les grands centres urbains nordiques et plus largement européens, ils ne sont pas représentés, décrits, ni appréhendés à l’identique dans les médias nationaux, la littérature (cf. Khemiri, Skaranger, Lovrenski) et plus largement par le grand public (Østby, 2005).

D’abord considérées comme des erreurs d’apprentissage des langues nationales, les programmes de recherches (et leurs collectes de données) ont rapidement permis de faire évoluer le positionnement théorique sous un angle plus fluide : ces pratiques n’ont pas seulement l’apanage de groupes ethniques minoritaires, et sont observées au sein de groupes élargis de locuteurs, qui ont directement ou indirectement fait l’expérience du multilinguisme dans les sociétés nordiques. En outre, une vision nouvelle du multilinguisme s’est développée, mettant en évidence des répertoires sémiotiques (Agha, 2007), dans lesquels de nombreuses ressources linguistiques et métalinguistiques sont à l’œuvre et reflètent les idéologies sociales et linguistiques. Ces idéologies se diffusent notamment par le biais de la musique (Saetre, 2022), du cinéma (cf. les séries NRK 16-19 et Førstegangstjenesten) et de la littérature, créant de nouveaux espaces de représentations, et s’inscrivant à part entière dans les médiums à prendre en considération pour comprendre les multiethnolectes dans leur ensemble.

Le présent dossier a donc pour vocation de présenter les évolutions dans les usages et les représentations de ces pratiques langagières contemporaines près de deux générations après leur mise en lumière dans les sociétés nordiques. Il s’agira d’une part de croiser les perspectives et de revenir sur les spécificités des formes et des usages nationaux nordiques ; et d’autre part d’observer comment ces formes emblématiques sont diffusées à travers les médias, la littérature et le cinéma.

Parmi les thématiques envisagées pour ce numéro, nous pouvons par exemple mentionner :

  • L’état actuel des pratiques linguistiques hétérogènes dans les pays nordiques : les unités saillantes sont-elles toujours en usage parmi des locuteurs adultes ? Se sont-elles banalisées dans les sociétés nordiques ?
  • L’évolution des usages linguistiques : quelles unités lexicales, prosodiques, syntaxiques et phonétiques sont perçues comme « innovantes » parmi les jeunes générations ? Quelles langues emprunteuses sont aujourd’hui les plus populaires ?
  • La comparaison des pratiques entre Norvège, Suède et Danemark : quelles similarités et différences observe-t-on dans les pratiques des locuteurs, et peut-on en expliquer les raisons ?
  • Les représentations des utilisateurs et de leur « langue » à travers la littérature, les séries télévisées et tous autres médias.
  • Les idéologies linguistiques et populaires en circulation à propos des différentes formes du multilinguisme.

Date limite pour la soumission de propositions d’article (300 mots) :
15 janvier 2025

Veuillez envoyer les documents sous format word à sarah.harchaoui[a]sorbonne-universite.fr

Information sur l’acceptation : 31 janvier 2025.

Dépôt de la première version de l’article (40 000 signes) : 31 mars 2025

Les articles seront soumis à une évaluation en double aveugle.

Nordiques est une revue interdisciplinaire à comité de lecture spécialisée en études nordiques. Publiée deux fois par an, la revue est disponible en accès libre sur (https://journals.openedition.org/nordiques/).

Kerswill Paul & Heike Wiese, 2022. Urban Contact Dialects and Language Change : Insights from the Global North and South. New York and London : Routledge.

Bibliographie

Références bibliographiques

Aasheim Stine Cecile, 1997. “Kebab-Norsk” : fremmedspråklig påvirkning på ungdomsspråket i Oslo, Ulla-Britt Kotsinas ; A.-B. Strenström & A.-M. Karlsson (éds.) Ungdomsspråk i Norden. Föredrag från ett forskarsymposium, pp. 235-243.

Agha Asif, 2007. Language and social relations. Cambridge : Cambridge University Press.

Fraurud Kari & Bijvoet Ellen, 2004. « Multietniskt ungdomsspråk och andra varieteter av svenska i flerspråkiga miljöer », K. Hyltenstam & I. Lindberg (éds.) Svenska som andraspråk – i forskning, undervisning och samhälle. Lund : Studentlitteratur, pp. 389-417.

Hårstad Stian, 2010. “Performing ‘dangerousness’ linguistically : The case of ‘bad Norwegian’ on the Streets of Trondheim”, J.-N. Jørgensen (ed.) “Love ya hate ya”. The Sociolinguistic Study of Youth Language and Youth Identities. Newcastle upon Tyne : Cambridge Scholar, pp. 249–265.

Jørgensen Jens Normann, 2008. “Polylingual languaging around and among adolescents”, International Journal of Multilingualism, n° 5, pp. 161–76.

Jørgensen Jens Normann, 2000. “Perkerdansk – lovende perspektiver for det danske sprog”, Dansk pædagogisk tidsskrift, n° 3, pp. 8-15.

Kotsinas, Ulla-Britt, 1988. “Rinkebysvenskan – en dialekt ?”, P. Linell (ed) Svenskansbeskriving 16. Förhandlingar vid sammankomst för att dryfta frågor rörande svenskansbeskrivning. Linköping : Universitetet i Linköping, pp. 264–278.

Madsen Lian Malai, 2016. “Investigating a register label : Integrated speech in Copenhagen”, A. Agha (ed.), Registers of Communication. Studia Fennica Linguistica.Helsinki : Finnish Literature Society, pp 124-137.

Nortier Jacomine & Dorleijn Margreet, 2013. “Multi-ethnolects : Kebabnorsk, Perkerdansk, Verlan, Kanakensprache, Straattaal, etc.” Peter Bakker & Yaron Matras (éds) Contact Languages : A Comprehensive Guide, Berlin, Boston : De Gruyter Mouton, pp 229-272.

Quist Pia & Bente-Ailin Svendsen, 2020. Urban Speech Styles of Germanic Languages. In M. Putnam & B. Page (éds.), The Cambridge Handbook of Germanic Linguistics (Cambridge Handbooks in Language and Linguistics, pp. 714-735).

Quist Pia, 2024 (Accepted/in press). “Modern Urban Multiethnolects of Germanic Languages”, Oxford Research Encyclopedia of Linguistics. Oxford University Press.

Nortier Jacomine & Svendsen Bente-Ailin, 2015. Language, Youth and Identity in the 21st Century. Linguistic Practices across Urban Spaces. Cambridge : Cambridge University Press.

Saetre Juliette, 2022, “Nationhood, identity and subcultures : A case study of the Norwegian rap duo Karpe”, Global Hip Hop Studies, Volume 2, Issue 1, juin 2021, p. 55–73.

Svendsen Bente-Ailin & Jonsson Rickard, 2024. The Routledge Handbook of Language and Youth CultureNew York and London : Routledge.

Svendsen Bente-Ailin, 2022. “Contemporary Urban Speech Styles. Norway”. Paul Kerswill & Heike Wiese (éds), Urban Contact Dialects and Language Change : Insights from the Global North and South, New York and London : Routledge, p. 206–222.

Østby Andreas E., 2005, Kebabnorsk ordbok, Oslo, Gyldendal Forlag.

Appel à candidatures pour les artistes basés en France : SEPTENTRIONALES

Appel à candidatures pour les artistes basés en France : SEPTENTRIONALES

SEPTENTRIONALES ?

SEPTENTRIONALES est un programme de résidences itinérantes et éco-responsable pensées pour les artistes établis en France. Organisé par les Instituts français du Danemark, de Norvège, de Suède et de Finlande, ce programme consiste en un périple d’exploration à travers ces quatre pays. Le voyage s’effectuant sans avion, le programme invite l’artiste à questionner son rapport à la mobilité et à l’environnement à travers, la quiétude et l’immensité des paysages nordiques.

CALENDRIER :

Cette résidence artistique, axée sur la recherche et l’exploration, aura lieu du 15 août 2024 au 15 octobre 2024.

DATE LIMITE DE DÉPÔT DES CANDIDATURES : 26.02.2024

La date limite pour soumettre votre candidature est le 26 février 2024. Il est ouvert aux artistes de toutes disciplines dont les projets bénéficieraient d’une immersion dans la région nordique.

COMMENT CANDIDATER :

Vous pouvez en apprendre davantage sur les détails du projet et les critères de sélection sur le site dédié à la résidence.

* * *

Call for Applications for France-based Artists: SEPTENTRIONALES

WHAT:

SEPTENTRIONALES is a program of itinerant and eco-conscious residencies designed for France-based artists. Organized by the French institutes of Denmark, Norway, Sweden, and Finland, this program consists of an explorative trip through these four countries. Since the journey is conducted without flying, the program invites the artist to reconsider their relationship to mobility and the environment amidst the richness, tranquillity, and vastness of Nordic landscapes.

WHEN:

This artistic residency, concentrating on research and exploration, will take place from August 15, 2024, to October 15, 2024.

APPLICATION DEADLINE: 26.02.2024

The deadline to submit your application is February 26, 2024. The program is open to artists of all disciplines whose projects would benefit from an immersion in the Nordic region.

HOW TO APPLY:

You can discover all the project details and selection criteria through the residency’s website.

AàC : Bjørnstjerne Bjørnson en Europe : un théâtre en jeu

AàC : Bjørnstjerne Bjørnson en Europe : un théâtre en jeu

Journée d’études : 24 mai 2024 (Strasbourg) / deadline AàC : 15/01/24

Appel à communication

English below

Bjørnstjerne Bjørnson en Europe : un théâtre en jeu

L’attribution du Prix Nobel de littérature 2023 au dramaturge norvégien Jon Fosse au nous donne l’occasion de revenir sur le parcours d’un de ses compatriotes qui a obtenu la même récompense en 1903 : Bjørnstjerne Bjørnson (1832-1910). Tantôt rival, tantôt proche de Henrik Ibsen (1828-1906) dont il était le contemporain, il ne bénéficie pas aujourd’hui de la même notoriété. Pourtant il eut de son vivant une aura considérable : à ses débuts, il contribua au mouvement du romantisme national et c’est à lui que l’on doit l’hymne national norvégien Ja, vi elsker dette landet [Oui, nous aimons ce pays] (1864). Il aborde aussi le roman et la critique littéraire et sociétale, traitant des enjeux de son temps avec notamment En fallit [Une faillite] (1875). La fin de sa vie le voit rejoindre le symbolisme avec Over Ævne [Au-delà des forces] (1883).

07101860 Illustreret Tidende Nr. 54, Side 1 / Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International license.

Bjørnson était de tous les débats de son époque et son œuvre fit débat. S’il est méconnu en France, il n’est pas à proprement parler un invisible, ni un oublié de l’histoire littéraire européenne. Il est en fait invariablement cité pour deux raisons : en tant qu’instigateur et promoteur de la « percée moderne » en 1871 et en tant qu’auteur d’En Handske [Le Gant], une pièce de théâtre qui connaît deux versions.

La « percée moderne » constitue pour partie une relecture critique du romantisme, ou plutôt d’un romantisme scandinave auquel Bjørnson reproche son désengagement des questions actuelles de société. Le Gant (dont la version de 1883 a été peu jouée, publiée et amplement commentée et celle de 1886 peu ou pas publiée ni traduite), interroge également une forme de naïveté ou d’idéalisme : Svava et Alfred s’apprêtent à se marier, mais lorsqu’elle apprend qu’il a eu une liaison avant leur rencontre, elle lui jette son gant au visage. Elle refuse la « double morale » qui veut que les femmes se trouvent méjugées lorsqu’elles ont plusieurs amours, quand les hommes reçoivent pour le même comportement indulgence générale voire encouragement. Une telle position suscite de vives réactions de la part des contemporains de Bjørnson et le sedelighetsdebatten [débat sur la moralité sexuelle] voit s’affronter par articles interposés, œuvres littéraires et mêmes dans des conférences les moralistes et les immoralistes partisans de l’amour-libre tels que August Strindberg (1849-1912).

On le connaît donc à la fois comme acteur de la percée moderne et initiateur du débat sur la moralité sexuelle, si ce sont deux repères commodes, ils sont toutefois parcellaires, voire réducteurs. Cette journée d’études entend donc les bousculer, en abordant l’œuvre et la trajectoire de l’auteur dans leur ensemble, occasion de remettre en perspective et peut-être à leur juste place ces points saillants.

Ainsi, la journée d’études, ne propose pas de revenir exclusivement sur la hanskestriden [querelle duGant], amplement traitée par la critique (Bredsdorff 1969/1973, Stenberg 1999, Tinderholt 1999). Néanmoins, la récente retraduction française du Gant par Corinne François-Denève (Avant-Scène théâtre, 2023) nous offre prétexte à revenir sur des aspects encore inexploités de l’œuvre comme par exemple les « théories surhumaines » (le mot est dans Le Gant) qui sous-tendent la pensée de Bjørnson. Il s’agit de sortir Bjørnson de son isolement scandinave afin de le mettre en perspective de diverses manières.

Les propositions d’une demi-page environ pourront ainsi porter sur ces axes, sans prétention à l’exhaustivité :

  • Bjørnson homme de théâtre européen (réception et critiques) : L’œuvre de Bjørnson a été récompensée et valorisée jusqu’à obtenir un prix Nobel, mais qu’en est-il de la suite ? Il s’agira de se demander quelle réception, quelle canonisation a reçu son œuvre – en Norvège comme au-delà de ses frontières ? Pourquoi a-t-on le sentiment diffus qu’il a été oublié ? Des nouvelles générations de dramaturges nordiques comme Jon Fosse ou Sara Stridsberg jusqu’à la bande dessinée populaire (Øystein Runde et Geir Moen, De fire store: Når de døde våkner [Les Quatre Grands : Quand les morts se réveilleront], 2007), peut-on même parler d’un héritage de Bjørnson ?
  • Bjørnson homme de théâtre européen (influence et critiques) : Bjørnson, directeur de plusieurs salles de spectacle, qui a voyagé en Allemagne, en Italie et en France (où il est mort), connaît bien le théâtre de son temps. Lecteur et spectateur de pièces de Kotzebue, de Scribe, d’Augier, contemporain de Catulle Mendès, de Shaw et d’Ibsen, Bjørnson comme « homme de théâtre européen » retiendra ici l’attention, ainsi que ses contestations critiques (auteur de pièces qui sont autant de dissertations scéniques, de théâtre dans un fauteuil, de dialogues philosophiques ou théories morales). Par exemple Le Gant tient du proverbe (Musset), du drame en habit noir et de la comédie (La Question d’argent de Dumas). Les influences romanesques pourront être également considérées dans cet axe.
  • Bjørnson mis en scène : On pourra s’interroger sur les mises en scène des pièces de Bjørnson en Europe et les interprétations auxquelles le théâtre de Bjørnson a donné lieu de son vivant jusqu’à aujourd’hui. Le romancier et le penseur Bjørnson éclipsent-ils l’auteur de théâtre ? Ses pièces apparaissent-elles comme datées à l’instar de celles d’autres auteurs européens de la fin du XIXe siècle (Henri Becque, Victorien Sardou), et pour quelles raisons ?
  • Le Gant et ses réécritures: Déçu par la réception de l’œuvre, qui manquait selon lui son but (la sympathie allait au personnage masculin), l’auteur l’a en effet réécrite, pratiquant une forme de réécriture « de plateau » dont l’audace d’écriture ou l’obédience au public voire le pragmatisme ou les modèles sont à évaluer. Des comparaisons entre les deux versions, ou bien des perspectives comparatistes avec d’autres pièces norvégiennes ou internationales (réécrites, modifiées, comme la fin de Maison de poupée d’Ibsen ou ayant fait scandale) seront les bienvenues. La réception par la presse estimant les personnages de cette pièce et d’autres de Villiers de l’Isle Adam ou Catulle Mendès, par exemple, « illogiques » ou leurs comportements « inutilement obstinés », « invraisemblables » engagera une réflexion sur les catégories et surtout les mots de la critique et leurs conséquences.

Informations

La journée d’études aura lieu en hybride le vendredi 24 mai 2024 à la Maison Interuniversitaire des Sciences de l’Homme – Alsace (Strasbourg). Les propositions de communication de 20 minutes (une demi page en .doc ou .pdf) devront être envoyées à rjamet[at]unistra.fr et guyots[at]unistra.fr au plus tard le 15 janvier 2024. Les communications pourront être données en français ou en anglais. Les propositions de doctorant-es sont chaleureusement accueillies.

La journée d’études est co-organisée par Raphaël Jamet et Solenne Guyot (UR1341 Mondes germaniques et nord-européens (Université de Strasbourg)), Corinne François-Denève (UR4363 ILLE (Université de Haute Alsace)) et Florence Fix (UR 3229 CÉRÉdI (Université de Rouen Normandie)). Un projet de mise en scène et lectures par des étudiant-es est en cours et pourrait se concrétiser lors de la journée d’études.

Call for papers

Symposium, 24 May 2024, University of Strasbourg

Bjørnstjerne Bjørnson in Europe: a theatre at stake

The award of the 2023 Nobel Prize for Literature to Norwegian playwright Jon Fosse gives us an opportunity to look back at the career of one of his compatriots who won the same prize in 1903: Bjørnstjerne Bjørnson (1832-1910). Both a rival and a close relative of Henrik Ibsen (1828-1906), Bjørnstjerne Bjørnson is not as well known today. In his early years, he contributed to the national Romantic movement, and he has written the Norwegian national anthem Ja, vi elsker dette landet [Yes, we love this country] (1864). He also wrote novels and literary critics, dealing with the social issues of his time, for example in En fallit [Bankruptcy] (1875). At the end of his life, he embraced symbolism with Over Ævne [Beyond the Forces] (1883).

Bjørnson was involved in all the debates of his time, and his work was much debated. Although he is little known in France, he is not strictly invisible or forgotten in European literary history. In fact, he is regularly quoted for two reasons: as the initiator and promoter of the “modern breakthrough” in 1871, and as the author of En Handske [The Glove], a play that has two different versions.

The “modern breakthrough” partly constituted a critical re-reading of Romanticism, or rather of Scandinavian Romanticism, which Bjørnson criticised for its disengagement from current social issues. The Glove (the 1883 version has been rarely performed, but published and widely commented on, while the 1886 version has been hardly, if at all, published or translated) also confronts a form of naivety or idealism: Svava and Alfred are about to get married, but when she learns that he had an affair before they met, she throws her glove in his face. She rejects the “double standard of morality” which sees women despised when they have several affairs, while men receive general indulgence and even encouragement for the same behaviour. Such a position raised strong reactions from Bjørnson’s contemporaries, and the sedelighetsdebatten [debate on sexual morality] brought moralists and immoralists who supported free love, such as August Strindberg (1849-1912), into conflict through articles, literary works and even lectures.

We thus know him both as a contributor to the “modern breakthrough” and as the driving force behind the debate on sexual morality. While these are two helpful milestones, they are nonetheless fragmentary if not reductive. The aim of this symposium is to challenge these two conceptions by looking at the author’s work and career as a whole, in order to put it into perspective.

In this way, the symposium does not seek to focus on the hanskestriken [querelle du Gant] well-known in the research (Bredsdorff 1969/1977, Stenberg 1999, Stenberg 1999, Tinderholt 1999). Nevertheless, Corinne François-Denève’s recent French retranslation of Le Gant (Avant-Scène théâtre, 2023) is an opportunity to revisit some of the unexplored aspects of the work, such as the “theories surhumaines” (the word is found in Le Gant) that underlie Bjørnson’s thinking. The intention is to take Bjørnson out of his Scandinavian isolation and look at him from different perspectives.

Proposals of comunication could therefore focus on these axis, without pretending to be exhaustive:

  • Bjørnson as a figure in European theatre (influence and criticism): Bjørnson, director of several theatres, who travelled to Germany, Italy and France (where he died), was well acquainted with the theatre of his time. He was a reader and spectator of plays by Kotzebue, Scribe and Augier, and a contemporary of Catulle Mendès, Shaw and Ibsen. Bjørnson’s role as a “figure of the European theatre” is of particular interest here, as are his critical challenges (he is the author of plays which are as much stage essays as armchair plays, philosophical dialogues and moral theories). For example, Le Gant is in some ways a proverb (Musset), a black-robed drama and a comedy (Dumas’s La Question d’argent). Novel influences can also be considered under this axis.
  • Bjørnson as a figure in European theatre (reception and criticism): Bjørnson’s work has been rewarded and valued to the point of winning a Nobel Prize, but what about afterwards? We will be looking at how his work has been received and canonised – both in Norway and in other countries. Why is there a vague feeling that he has been forgotten? From new generations of Nordic playwrights such as Jon Fosse and Sara Stridsberg to popular comics (Øystein Runde and Geir Moen, De fire store: Når de døde våkner [The Great Four: When the Dead Wake Up], 2007), can we even speak of a Bjørnson legacy?
  • The staging of Bjørnson’s plays: We can discuss the staging of Bjørnson’s plays in Europe and the interpretations to which Bjørnson’s theatre has been subjected throughout his lifetime and up to today. Do Bjørnson the novelist and thinker overshadow the playwright? Do his plays seem outdated, like those of other European playwrights of the late nineteenth century (Henri Becque, Victorien Sardou), and why?
  • The Glove and its rewritings: Bjørnson was disappointed by the reception of The Glove once it had been performed; in his opinion, it failed to achieve its aim (sympathy going to the male character). Indeed, the author rewrote it, practising a form of ‘stage’ rewriting whose writing audacity or obedience to the public, or even pragmatism or models, are to be discussed. We welcome comparisons between the two versions, or comparative perspectives with other Norwegian or international plays (rewritten, modified, like the end of Ibsen’s A Doll’s House, or which have caused a scandal). The press’s reception of the characters in this play and others by Villiers de l’Isle Adam or Catulle Mendès, for example, as ‘illogical’ or their behaviour as ‘needlessly obstinate’ or ‘unbelievable’ is an opportunity to reflect on the categories and, in particular, the words used by critics and their consequences.

Information

The symposium will be held in-person and online (hybrid) on Friday 24th May 2024 at the Maison Interuniversitaire des Sciences de l’Homme – Alsace (Strasbourg). Proposals for 20-minute communications (half a page in .doc or .pdf format) should be sent to rjamet[at]unistra.fr and guyots[at]unistra.fr by 15 January 2024 at the latest. Communications may be given in French or English. Proposals from PhD candidates are warmly welcomed.

The symposium is co-organised by Raphaël Jamet and Solenne Guyot (UR1341 Mondes germaniques et nord-européens (Université de Strasbourg)), Corinne François-Denève (UR4363 ILLE (Université de Haute Alsace)) and Florence Fix (UR 3229 CÉRÉdI (Université de Rouen Normandie)). A project involving performances and readings by students is currently in preparation, and could be presented during the symposium.

Bibliographie indicative / Bibliography

BJERCK HAGEN Erik, Norsk litteratur 1830-1875: romantikk, realisme, modernisme, Oslo, Dreyers forlag, 2019.

BJERCK HAGEN Erik, Livets overskudd – Bjørnstjerne Bjørnsons glemte kvaliteter, Oslo, Gyldendal, 2013.

BLIKSRUD Liv, D’AMICO Giuliano, WULFSBERG Marius et ÅSLUND Arnfinn, Den engasjerte kosmopolitt. Nye Bjørnson-studier, Oslo, Novus, 2013.

BREDSDORFF Elias, « Moralists versus Immoralists : The Great Battle in Scandinavian Literature in the 1880’s », in Scandinavica: International Journal of Scandinavian Studies, 6.1, 1969, p. 91-111.

BREDSDORFF Elias, Den store nordiske krig om seksualmoralen. En dokumentarisk fremstilling afsædelighedsdebatten i nordisk litteratur i 1880, Copenhague, Gyldendal, 1973.

BRIENS Sylvain, Paris, laboratoire de la littérature scandinave moderne. 1880-1905, Paris, L’Harmattan, 2010.

CHEVREL Yves, « La Pièce bien faite : de Sardou à Ibsen », in DUCREY Guy (éd.), Victorien Sardou, Un siècle plus tard, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, 2007, p. 161-170.

STENBERG Lisbeth, « Sexualmoral och driftsfixering — förnuft och kön i 1880-talets sedlighetsdebatt », in DAHLSTEDT Sten et KVIST DAHLSTEDT Barbro (éd.), Stockholm/Stehag, Symposion förlag, 1999, p. 173-225.

TINDERHOLT, Elin B., « Bjørnson og sedelighetens retorikk: Bjørnsons retoriske strategier innen forskjellige sjangre i sedelighetsdebatten », in Bjørnson-årbok, vol. 2, Aulestad, Aulestad forlag, 1999, p. 19-31.

AàC: L’objet livre et les avant-gardes littéraires et artistiques dans les espaces germanophones et nord-européens de 1945 à nos jours

AàC: L’objet livre et les avant-gardes littéraires et artistiques dans les espaces germanophones et nord-européens de 1945 à nos jours

Appel à contribution pour un colloque international : 18-19 octobre 2024 (Strasbourg) / deadline AàC : 31/12/23

Organisation : Raphaël Jamet et Aurélie Le Née – MCF à l’Université de Strasbourg

Argumentaire

Strasbourg sera la capitale mondiale du livre selon l’UNESCO en 2024, ce qui est l’occasion d’organiser un colloque sur les liens entre l’objet livre et les avant-gardes :

Comment l’objet livre interroge-t-il le concept d’avant-garde ?

Comment les avant-gardes interrogent-elles l’objet livre ?

Dans sa « Recommandation concernant la normalisation internationale des statistiques de l’édition de livres et de périodiques » du 19 novembre 1964, l’UNESCO proposait la définition suivante du livre : « Un livre est une publication non périodique imprimée comptant au moins 49 pages, pages de couverture non comprises, éditée dans le pays et offerte au public. »[1]

Si cette définition plutôt restrictive semble adaptée pour déterminer des critères clairs de classification des publications, d’autres définitions offrent une acception bien plus large du livre, comme par exemple dans l’introduction de l’Histoire du livre en Occident de Frédéric Barbier : « nous comprendrons sous la définition de livre tout objet imprimé, indépendamment de sa nature, de son importance et de sa périodicité, ainsi que tout objet portant un texte manuscrit et destiné, au moins implicitement, à une certaine publicité. »[2]

Cette acception semble particulièrement pertinente dans le contexte de l’avant-garde où les publications de revues, mais aussi de tracts ou de petits fascicules sont courantes. Publication, texte ou objet : ces définitions interrogent à leur manière une certaine matérialité du livre. Frédéric Barbier rappelle d’ailleurs l’étymologie du terme dans les langues latines (du latin liber : « la pellicule d’un arbre entre l’écorce extérieure et le bois proprement dit »)[3] et dans les langues germaniques (du vieil haut allemand bokis : le hêtre).[4]

Cette matérialité joue un rôle central dans la création moderne et d’avant-garde, y compris dans son rapport au livre, conduisant à la définition de sous-catégories comme le livre de peintre, le livre d’artiste, le livre-objet, à propos desquelles Pascal Fulacher précise :

“Au-delà du livre d’artiste, apparaît le livre-objet, où textes et images, après avoir recherché la connivence dans le livre de peintre puis la fusion dans le livre d’artiste, participent à l’élaboration d’une troisième dimension, voire s’effacent derrière l’objet-livre comme pour rappeler la matérialité de celui-ci et son volume dans l’espace.”[5]

Ainsi le livre devient-il un objet d’art à part entière, dans toute sa matérialité, tandis que la période plus récente avec le numérique offre à l’expérimentation artistique et littéraire de nouveaux terrains de jeu. On le voit, la définition du livre en tant qu’objet est ouverte à diverses approches, tout comme l’est celle des avant-gardes.

Dans l’introduction de Béatrice Joyeux-Prunel à Naissance de l’art contemporain 1945-1970,

“les avant-gardes sont […] définies comme des groupes se prétendant novateurs, ou considérés comme tels, et qui furent parfois réellement à contre-courant des pratiques artistiques dominantes de leur époque.”[6]

Cette appréhension assez large, contrairement à l’incontournable Théorie de l’avant-garde de Peter Bürger qui cantonne cette dernière, communément appelée « avant-garde historique », au dadaïsme, au surréalisme des débuts et à l’avant-garde russe après la révolution d’Octobre[7], nous semble plus intéressante pour aborder la période postérieure à la Seconde Guerre mondiale qui est celle choisie pour ce colloque.

Cette acception permet d’englober des productions aussi diverses que le pop art, le mouvement Fluxus, CoBrA, l’actionnisme artistique (actionnisme viennois), l’Internationale Situationniste et particulièrement ses sections scandinaves, la littérature expérimentale, la poésie concrète, les créations éditoriales (notamment scandinaves avec OEI, CHATEAUX, Forlaget Virkelig, H Press, etc) jusqu’à la poésie slam ou l’art algorithmique dont les centres se situent parfois en dehors de l’espace germanophone ou nord-européen, mais qui connaissent une réception dans ces espaces, posant, voire dépassant la question de la relation entre centre et périphérie,[8] parallèlement à celle des tensions entre culture dominante et contre-culture.[9]

Axes

Dans ce contexte, deux grands axes, correspondant à deux focales, sont proposés ainsi qu’un axe transversal. Les propositions devront porter sur les aires germanophones et nord-européennes et sur une période allant de 1945 à nos jours.

Axe 1 :

Comment l’objet livre interroge-t-il le concept d’avant-garde dans les sphères germanophones et nord-européennes ? En prenant comme centre de l’étude une ou plusieurs œuvres, on s’interrogera sur la manière dont les objets livres définissent, contournent ou redéfinissent le concept d’avant-garde de façon explicite ou implicite.

Les sources peuvent être de différentes natures et amener à des réponses différentes : on pourra s’interroger sur les publications en série (revues, périodiques, journaux, …), sur les collections, sur les livres d’artistes et livres-objets, voire sur des formes qui sortent des classifications habituelles (tracts, création numérique, …).

Cet axe pourrait être également l’occasion de s’interroger sur l’influence du marché du livre sur la (auto)qualification d’avant-garde d’un artiste[10] ou d’un groupe d’artistes. Ainsi, on pourrait questionner la tension entre les livres d’artiste présentés comme œuvres avant-gardistes et la production marchande de catalogues ou de recueils de ces mêmes artistes. On pourrait également se demander dans quelle mesure les nouveaux usages du numérique et des supports papier jouent un rôle dans la (auto-)définition des artistes d’avant-garde.

Axe 2 :

Comment les avant-gardes interrogent-elles l’objet livre dans les sphères germanophones et nord-européennes ? En prenant comme focale les positions (par les œuvres ou par des théories) d’un artiste, poète ou groupe artistique d’avant-garde, on s’interrogera sur les conditions matérielles – d’existence et de diffusion – des œuvres étudiées.

Cela pourrait être l’occasion de s’intéresser aux réflexions sur la non-linéarité des formes et des formats, la non-adaptabilité de certaines œuvres au format traditionnel du « livre » et pourrait amener à découvrir ce que le numérique peut changer dans ces approches anticonformistes. Les positions des artistes et poètes pourraient également éclairer les hégémonies culturelles dans le marché de l’art et des publications.  Cet axe accueille également des réflexions sur les motivations commerciales derrière la production de certains livres, les enjeux de confidentialité, d’exclusivité pour certains textes, notamment dans leurs modes de diffusion ou bien les circulations et réappropriations des textes, des objets de ou dans les cercles politiques.

Enfin on pourra se demander s’il y a des artistes qui théorisent une définition du livre dans leurs textes ou œuvres, en prenant ou non position par rapport à l’avant-garde historique, la postmodernité ou les néo-avant-gardes. On pourra s’intéresser alors aux réseaux et formes de publication de ces théories et prises de position.

Axe transversal :

Toutes ces interrogations et ces sources étudiées croisent à un moment donné notre propre position en tant chercheur et chercheuse sur ces sujets. En effet, comment rendre compte linéairement – dans un texte scientifique – d’un objet qui ne l’est pas ? Comment trouver un équilibre dans ses travaux et approches lorsque l’on réinstitutionnalise par sa position académique des objets anti-institution ? Quelles nouvelles perspectives ces focales sur l’objet livre ouvrent-elles sur les questions souvent re-battues des avant-gardes ? Ces problématiques pourraient être intégrées aux réflexions menées dans les axes 1 et 2, mais peuvent aussi faire l’objet d’une communication plus générale en épistémologie de l’histoire de l’art, de la littérature, … en s’appuyant sur des œuvres ou théories des aires étudiées.

 Ces axes constituent des pistes non-exhaustives et cet appel reste ouvert à des études pouvant porter sur des problématiques connexes.

Informations pratiques :

Merci d’envoyer vos propositions de communication (300 mots en français ou en anglais) ainsi qu’une courte bio-bibliographie à Raphaël Jamet (rjamet[@]unistra.fr) et Aurélie Le Née (lenee[@]unistra.fr) avant le 31/12/2023. Les communications de 20 minutes pourront être données en français ou en anglais. L’appel est ouvert également à la participation des doctorants et doctorantes. Une publication est prévue et sera discutée lors du colloque. Si vous souhaitez montrer des objets livres un espace d’exposition éphémère est prévu pendant le colloque, avec un temps fort dans l’après-midi du 19 octobre.

Cet événement scientifique est porté par l’UR1341 Mondes Germaniques et Nords-Européens (MGNE).

Bibliographie sélective :

Apollon, Daniel, Philippe Régnier, et Claire Bélisle. L’édition critique à l’ère du numérique. Socio-économie de la chaîne du livre 9. Paris: l’Harmattan, 2017.

Barbier, Frédéric. Histoire du livre en Occident. Nouvelle éd. Mnémosya. Malakoff: Armand Colin, 2020.

Bartsch, Kurt. Avantgarde und Traditionalismus. Kein Widerspruch in der Postmoderne?, Innsbruck: Studien Verlag, 2000. 

Benhamou, Françoise. Le livre à l’heure numérique : papier, écrans, vers un nouveau vagabondage. Paris: Seuil, 2014.

Bennett, Andy. « Pour une réévaluation du concept de contre-culture ». Traduit par Jedediah Sklower. Volume !. La revue des musiques populaires, no 9 : 1 (15 septembre 2012): 19‑31. https://doi.org/10.4000/volume.2941.

Berg, Hubert van den, éd. A Cultural History of the Avant-Garde in the Nordic Countries : 1900 – 1925. Avant-Garde 28. Amsterdam: Rodopi, 2012.

Brogowski, Leszek. Editer l’art : le livre d’artiste et l’histoire du livre. Essais d’esthétique. Chatou: Éditions de la Transparence, 2010.

Bourseiller, Christophe et Olivier Penot-Lacassagne : Contre-cultures !, Paris : CNRS éditions, 2013.

Bürger, Peter. Theorie der Avantgarde, Göttingen : Wallstein Verlag, 2017 (1. Aufl. 1974, Suhrkamp). 

Chartier, Roger, et Jean Lebrun. Le livre en révolutions : entretiens avec Jean Lebrun. Paris: Textuel, 1997.

Eveno, Patrick. La presse quotidienne nationale : fin de partie ou renouveau? Paris: Vuibert, 2008.

Febvre, Lucien, Henri-Jean Martin, et Frédéric Barbier (postface). L’apparition du livre. Nouv. éd. Bibliothèque de l’Évolution de l’humanité 33. Paris: A. Michel, 1999.

Fischer-Lichte, Erika, Klaus Schwind (Hrsg.). Avantgarde und Postmoderne: Prozesse struktureller und funktioneller Veränderungen, Tübingen: Stauffenburg, 1991. 

Foster, Hal. Le retour du réel. Situation actuelle de l’avant-garde, Bruxelles : La lettre volée, 2005. 

Fouché, Pascal, Daniel Péchoin, et Philippe Schuwer, (dir.). Le livre : dictionnaire terminologique des métiers du livre. Paris : Éditions du Cercle de la librairie, 2016.

Fulacher, Pascal. Six siècles d’art du livre : De l’incunable au livre d’artiste. Paris: Citadelles & Mazenod : Musée des lettres et manuscrits, 2012.

Hecken, Thomas. Gegenkultur und Avantgarde 1950-1970, Tübingen: Narr Francke Attempto Verlag, 2006.

Hjartarson, Benedikt, Andrea Kollnitz, Per Stounbjerg, et Tania Ørum (ed.). A cultural history of the avant-garde in the Nordic countries 1925-1950. Avant-garde critical studies, volume 36. Leiden ; Boston: Brill Rodopi, 2019.

Hjartarson, Benedikt, Tania Ørum, Camilla Skovbjerg Paldam, et Laura Luise Schultz, (ed). A cultural history of the avant-garde in the Nordic countries since 1975. Avant-garde critical studies, volume 41. Leiden ; Boston: Brill, 2022.

Joyeux-Prunel, Béatrice. Naissance de l’art contemporain. 1945-1970. Une histoire mondiale, Paris : CNRS Éditions, 2021.

Mareuge, Agathe, Sandro Zanetti (dir.). The Return of DADA / Die Wiederkehr von DADA / Le Retour de DADA, Dijon : Les presses du Réel, 2022.

Moeglin-Delcroix, Anne. Esthétique du livre d’artiste : 1960-1980 : une introduction à l’art contemporain. Nouv. éd. rev. et Augm. Paris : Mot et le reste : Bibliothèque nationale de France, 2011.

Piault, Fabrice. Le livre : la fin d’un règne. Au vif. Paris: Stock, 1995.

Roberts, John, Revolutionary Time and the Avant-Garde, London / New York, Verso, 2015.

Veivo, Harri. « Le dialogue complexe entre le national et l’international dans la poésie d’avant-garde finlandaise des années 1960 », Études finno-ougriennes [En ligne], 43 | 2011, mis en ligne le 05 mars 2014, consulté le 23 mars 2023. URL : http://journals.openedition.org/efo/148 ; DOI : https://doi.org/10.4000/efo.148

Veivo, Harri. La poésie d’avant-garde en Finlande 1916-1944, Caen : Presses universitaires de Caen, 2022.

Veivo, Harri (dir.). Transferts, appropriations et fonctions de l’avant-garde dans l’Europe intermédiaire et du Nord,. Paris : L’Harmattan, 2012.

Zima, Peter V., Johann Strutz (Hrsg.). Europäische Avantgarde, Frankfurt am Main : Peter Lang, 1987. 

Zima, Peter V.. Moderne / Postmoderne. Gesellschaft, Philosophie, Literatur, Tübingen ; Basel: A. Francke Verlag, 2001 (2. überarbeitete Auflage, 1. Auflage: 1997). 

Ørum, Tania, et Jesper Olsson, éd. A cultural history of the avant-garde in the Nordic countries 1950-1975. Avant-garde critical studies, volume 32. Leiden ; Boston: Brill / Rodopi, 2016.

[1]https://www.unesco.org/fr/legal-affairs/recommendation-concerning-international-standardization-statistics-relating-book-production-and [17.04.2023]

[2] Frédéric Barbier : Histoire du livre en Occident, Malakoff, Armand Colin 2020 [12000], p. 9.

[3]Ibid., p. 7.

[4]Ibid.

[5] Pascal Fulacher : Six siècles d’art du livre. De l’incunable au livre d’artiste, Paris, Citadelles & Mazenod, 2012, p. 245.

[6] Béatrice Joyeux-Prunel : Naissance de l‘art contemporain 1945-1970. Une histoire mondiale, Paris, CNRS Éditions, 2021, p. 9.

[7] Peter Bürger: Theorie der Avantgarde, Göttingen, Wallstein Verlag, 2017 (1. Aufl. 1974, Suhrkamp), p. 167.

[8] Voir par exemple Harri Veivo (dir.) : Transferts, appropriations et fonctions de l’avant-garde dans l’Europe intermédiaire et du Nord,. Paris, L’Harmattan, 2012 ou Tania Ørum, « The Post-War Avant-Garde in the Nordic Countries ». In A Cultural History of the Avant-Garde in the Nordic Countries 1950-1975,Brill, 2016, p.1‑46

[9] Voir par exemple Christophe Bourseiller , Olivier Penot-Lacassagne  : Contre-cultures !, Paris, CNRS  éditions, 2013. Bennett, Andy. « Pour une réévaluation du concept de contre-culture ». Traduit par Jedediah Sklower. Volume ! La revue des musiques populaires, no 9 : 1 (15 septembre 2012): p. 19‑31.

[10] Artiste est compris ici au sens large et inclut les écrivains et les poètes.

AAC : « Seul.e dans la nature ? » Dossier spécial de Nordiques

AAC : « Seul.e dans la nature ? » Dossier spécial de Nordiques

Call for papers : “Alone in Nature?” Nordiques special issue

On a souvent prétendu que les habitants des pays nordiques auraient une relation particulière avec l’environnement naturel, et que la proximité avec les forêts, les lacs, les montagnes et les animaux aurait été considérée parfois comme plus importante que la compagnie des êtres humains, au point de devenir même l’objet d’une quête existentielle ou spirituelle. Ces idées peuvent être associées à une autodéfinition nordique est fondée sur la solitude qui valorise aussi l’autonomie, la résilience et l’autosuffisance, et qui se trouve à la base tout aussi bien de constructions identitaires genrées que de conceptions politiques de la nation. « Le culte nordique de la solitude » renvoie ici à l’observation que la persévérance individuelle, le besoin de disposer d’un espace individuel, et la volonté d’échapper aux pressions de la vie quotidienne convergeant pour se manifester dans une « solitude positive ». Nous constatons une forte connexion entre la proximité avec la nature et l’isolement choisi par l’individu et apprécié par la société, mais nous nous intéressons également aux effets négatifs que ces constructions de valeur peuvent avoir sous forme d’expériences involontaires de solitude par exemple.

Fondé sur ces hypothèses, le dossier « Seul.e dans la nature ? » aborde diverses formes et manifestations de ces rapports à l’environnement naturel et à la société de points de vue diachronique et historique ainsi que synchronique et conceptuel. Le thème peut être étudié à travers la législation et les documents politiques, dans la littérature, le cinéma, la musique ou dans d’autres textes ou discours qui servent à l’autodéfinition dans les cultures nordiques, ainsi que dans l’architecture, l’urbanisme et le « hyttekultur » par exemple. Les structures historiques qui s’inscrivent dans une longue durée dans une région faiblement habitée et dépourvue d’une culture urbaine plus présente ailleurs en Europe ont évidemment exercé un effet sur cette tradition, mais on peut noter également que « le culte de la solitude » entretient une relation avec la modernité et la redécouverte des traditions rurales par les classes moyennes urbanisées. Le rapport à l’environnement naturel semble se réinventer de multiples manières dans la société moderne pour garder sa pertinence dans les pays nordiques aujourd’hui. Des figures classiques de la philosophie environnementale nordique tels que Arne Næss et Pentti Linkola ont exploré des modes d’existence et de pensée qui cherchent un équilibre fragile entre isolement et participation, tout comme le fait à sa manière la chanson à succès « Öppna landskap » d’Ulf Lundell de 1982 qui décrit une articulation complexe entre solitude, société et nature, et qui peut être considérée comme une contribution à la définition de l’identité nordique. Comme ces noms l’indiquent, il nous faut également réfléchir d’une manière critique sur le rôle du genre et de l’ethnicité dans les textes et les pratiques qui construisent la relation double à l’environnement naturel et à la société.

Date limite pour la soumission de propositions d’article (300 mots) : 15 septembre 2023.

Veuillez envoyer les documents sous format word à harri.veivo@unicaen.fr et peter.stadius@helsinki.fi

Information sur l’acceptation : 30 septembre 2023.

Dépôt de la première version de l’article (40 000 signes) : 15 décembre 2023.

Les articles seront soumis à une évaluation en double aveugle.

Nordiques est une revue interdisciplinaire à comité de lecture spécialisée en études nordiques. Publiée deux fois par an, la revue est disponible en accès libre sur (https://journals.openedition.org/nordiques/).

It has often been said that Nordic people have a special relationship to nature, and this closeness to nature has also at times been seen as a more important relationship than that to other fellow citizens, becoming ultimately even a form of an existential or spiritual quest. In addition, this theme can also be related to a specific Nordic self-conception based on solitude that values autonomy, resilience, and self-sufficiency, and sustains gendered identity constructions as well as political conceptions of the nation. What is referred to here as the ‘Nordic cult of loneliness’ is an observation of how individual perseverance, a highly valued need for individual space, and an often-repeated longing to escape from the pressures of everyday life are expressed in terms of a ‘positive solitude’. We see a strong connection between the close relation to nature and socially and individually appreciated loneliness, yet we are also interested in the negative effects these value formations may have for example in unvoluntary experiences of loneliness.

Based on these hypotheses, the special issue of Nordiques on “Alone in Nature?” explores various forms and manifestations of this relationship to nature and society through both diachronic and historical as well as synchronic and conceptual approaches. The topic can be studied through both legislation and policy documents, in literature, film, music, and other Nordic cultural self-defining texts or discourses, as well as in architecture, urban planning and the “hyttekultur” for example. The long-term historical structures acting on a sparsely populated region, with a feeble urban history and culture compared to other European countries, have obviously had an impact on this tradition, yet it can also be seen as having a close connection to modernity and to the rediscovery and reinvention of rural traditions by an urban middle class. This relationship to nature also seems to reinvent itself in many modern ways, maintaining its relevance in today’s Nordic societies. Classic figures of Nordic environmentalism such as Arne Næss and Pentti Linkola for example have explored modes of existence and thinking that seek a fragile balance between reclusion and participation, and Ulf Lundell’s 1982 hit song “Öppna landskap” (Open Landscapes), to name an example from a totally different domain, likewise describes complex articulations of solitude, society, and nature that can be regarded as self-defining for the Nordic identity. As this list of names shows, we also need to critically reflect of on the role of gender and ethnicity in texts and practices that construct the double relation to nature and society.

Deadline for proposals (300 words): September 15, 2023. Please send the proposals in word format to harri.veivo@unicaen.fr and peter.stadius@helsinki.fi.

Notification of acceptance: September 30, 2023.

Submission of the manuscript (40 000 characters): December 15, 2023.

The manuscripts will be submitted to a double-blind peer-review.

Nordiques is a peer-reviewed multidisciplinary journal of Nordic studies published twice a year on free access on OpenEdition Journals (https://journals.openedition.org/nordiques/).

AAC : “Les sociétés nordiques et baltiques à l’épreuve de la pandémie de Covid-19” pour le numéro 43 de la revue Nordiques

AAC : “Les sociétés nordiques et baltiques à l’épreuve de la pandémie de Covid-19” pour le numéro 43 de la revue Nordiques

Appel à contribution “Les sociétés nordiques et baltiques à l’épreuve de la pandémie de Covid-19 ” pour le numéro 43 de la revue Nordiques
Call for papers N° 43, 2022 – Nordic and Baltic societies in the face of the Covid-19 pandemic

https://journals.openedition.org/nordiques/1915 ; https://journals.openedition.org/nordiques/1920

Date limite de soumission de propositions d’article (200 mots environ ainsi qu’une courte présentation de l’auteur) : 15 janvier 2022

A envoyer à l’adresse: katerina.kesa@inalco.fr

Information sur l’acceptation de la proposition: 31 janvier 2022. 

Première version de l’article (max. 40 000 signes) : 2 mai 2022.

Les manuscrits seront soumis à une évaluation en double aveugle. 

Thème : Superposition par Kaira.