Catégorie : Colloques et conférences

“Qu’est-ce qu’un écrivain estonien ?” – Rencontre-débat à l’Inalco le 21 novembre 2023

“Qu’est-ce qu’un écrivain estonien ?” – Rencontre-débat à l’Inalco le 21 novembre 2023

Tiit Aleksejev, Doris Kareva, Katrina Kalda

Mardi 21 novembre 2023 à 18 h

Auditorium Georges Dumézil

Maison de la recherche de l’INALCO, 2 rue de Lille, Paris 7e

Dans un monde globalisé où la « littérature mondiale » est dominée par les auteurs anglo-saxons, quelle peut-être la place et le rôle d’un écrivain issu de la petite Estonie ? D’ailleurs, qu’est-ce au juste qu’un écrivain estonien ? Est-ce nécessairement quelqu’un qui écrit en estonien ? Ou qui habite en Estonie ? Ou qui évoque l’Estonie dans ses œuvres ? La dimension « nationale » est-elle encore pertinente aujourd’hui pour étiqueter et comprendre les œuvres littéraires ? Ce sont là quelques-unes des questions que nous poserons à trois auteurs très différents qui ont en commun leur lien avec l’Estonie.

Le débat aura lieu en français et en estonien, avec interprétation consécutive. Entrée libre sur présentation d’une pièce d’identité (plan Vigipirate).

Tiit Aleksejev (né en 1968) est un romancier et dramaturge estonien. Son roman Le Pèlerinage, début d’une trilogie sur la première croisade, a obtenu le prix de littérature de l’Union européenne et a été traduit en français en 2016 (traduction de Jean Pascal Ollivry, éd. Intervalles).

Doris Kareva (née en 1958) est l’une des principales poétesses estoniennes contemporaines. Elle a publié depuis 1978 une vingtaine d’ouvrages et a reçu de nombreux prix littéraires. Un choix de ses poèmes a été publié en français : La forme du temps (traduction d’Antoine Chalvin et Jean-Luc Moreau, éd. Delatour, 2016).

Katrina Kalda (née en 1980) est une romancière française d’origine estonienne. Elle est l’autrice de quatre romans publiés chez Gallimard et récompensés par plusieurs prix littéraires : Un roman estonien (2010), Arithmétique des dieux (2013), Le pays où les arbres n’ont pas d’ombre (2018) et La mélancolie du monde sauvage (2021).

Rencontre organisée par la section d’études estoniennes de l’Inalco, en partenariat avec la MEET de Saint-Nazaire et l’Ambassade d’Estonie en France.

Séminaire « Poétiques sociales des pays nordiques, de l’âge viking à nos jours »

Séminaire « Poétiques sociales des pays nordiques, de l’âge viking à nos jours »

Université de Caen – MRSH Normandie Caen – ERLIS – Sciences Po

PROGRAMME 2023-2024

21 SEPTEMBRE 2023

17h30, Salle des Actes sh 027, MRSH, Campus 1, Université de Caen Normandie

Caroline Olsson (Université de Lyon)

L’époque viking, regards féminins et féministes littéraires.

Lise Philippe (ERLIS, Université de Caen)

Du Ragnarök à la crise environnementale : les récits eschatologiques dans la musique metal nordique.

19 OCTOBRE 2023

17h30, Amphithéâtre sh 085, MRSH, Campus 1, Université de Caen Normandie

Frédérique Harry (REIGENN, Sorbonne Université)

Le prophétique et le polémique : les multiples héritages du piétisme.

23 NOVEMBRE 2023

17h30, Campus des Transitions, 10 rue Pasteur, 14000 Caen

Nicolas Escach (Campus des Transitions, Sciences Po Rennes) et Alexis Alamel (Campus des Transitions, Sciences Po Rennes)

Représenter l’Arctique (à partir de l’ouvrage Arctique, sous la dir. de N. Escach et B. Goffin, coll. « Odyssée, villes portraits », ENS éditions).

30 NOVEMBRE 2023

17h30, Amphi de Boüard, bâtiment B, Campus 1, Université de Caen Normandie

Andrea Kollnitz (Université de Stockholm)

The Dangers of the Unreal – Perspectives on Modern Art in Interwar Sweden.

18 JANVIER 2024

17h30, Campus des Transitions, 10 rue Pasteur, 14000 Caen

Alain Gras (Université Paris I Panthéon-Sorbonne)

Culte de la nature et écologies nordiques.

25 JANVIER 2024

17h30, Li160, Maison des langues et de l’international, Campus 1, Université de Caen Normandie

Tim van Gerven (Université Arctique de Norvège, Tromsø)

Pan-Scandinavianism and the Creation of a National Scandinavian Identity in the Nineteenth Century.

15 FÉVRIER 2024

17h30, Salle des Actes sh 027, MRSH, Campus 1, Université de Caen Normandie

Corinne François-Denève (Université de Haute-Alsace)

Traduire les pamphlets de Frida Stéenhoff : une poétique de l’État-Providence.

21 MARS 2024

17h30, Salle des Actes sh 027, MRSH, Campus 1, Université de Caen Normandie

Sanna Nyqvist (Université de Helsinki) : Island narratives in Finnish and Swedish prose fiction 1870–1939. Encounters in the borderlands of modernity.

Nordic Blue Humanities 

Nordic Blue Humanities 

This project wishes to investigate the frameworks that can be applied to studying the current issue of climatic change from the perspective of a specifically Nordic environment. This project wishes to gather a panel of scholars across disciplines, bringing the School of Humanities and the School of Sciences of the Sorbonne into conversation on the hybrid topic of aesthetic and scientific innovation in environments such as the sea coast, the ocean or atmosphere. It will be placed under the sign of plurality and crisscrossing, including that between science and literature, by launching a thinktank whose ultimate aim will be to unite their forces to address the political decision-makers on the burning issue of ecology. The project wishes to provide a new hybrid approach to the contemporary emergence of critical currents such as ‘Blue Humanities,’ and argues towards a specifically Nordic version that will include a more global take on the Arctic and Baltic fluid environments and movements: ice, foam, atmosphere, drifting, and such. The project invites literature to reconnect with our contemporary society by contributing to a debate that has been a traditional field of scientific research.

The perspective of Nordic literature will bring to the fore the ecological approach of a range of native writers and poets of the Nordic and circumpolar regions, most of them overlooked, among which features a number of women. This in turn will provide the groundwork for a reflection on ecocriticism and ecofeminism that will be part of the critical process towards a Nordic theory of ‘Light Blue Humanities.’

Responsable :

Sylvain Briens, Sorbonne, sylvain.briens@sorbonne-universite.fr

Séminaire Vice & Vertu 2023-2024 : Boire dans les pays nordiques et germaniques

Séminaire Vice & Vertu 2023-2024 : Boire dans les pays nordiques et germaniques

Programme de la séance du 24 novembre 2023 

Le séminaire Vice & Vertu est organisé un vendredi par mois à la Bibliothèque Nordique (6 rue Valette, Paris) de 10h à 12h.

La première séance aura lieu le 24 novembre 2023 avec :

  • Aymeric Pantet (Turku/ TIAS) : « Pas d’éthique dans la Baltique ! Le trafic d’alcool dans le cinéma nordique (1930-1950) »
  • Malin Isaksson (Umeå Universitet) : « Mat och dryck i Sápmi – teman i svensk samtidslitteratur »

Bienvenue og velkommen !

Dates des séances suivantes :

  • 26 janvier 2024
  • 23 février 2024
  • 14-15 mars 2024 (séminaire délocalisé à Oslo)
  • 26 avril 2024
  • 17 mai 2024

Contact & inscription :

research.viceandvirtue@gmail.com

Le projet V&V est organisé par l’Université d’Oslo, l’Université d’Umeå, l’Université de Turku / TIAS, l’Université de Caen et Sorbonne Université.

Séminaire de linguistique inter-germanique: allemand et suédois en contextes plurilingues

Séminaire de linguistique inter-germanique: allemand et suédois en contextes plurilingues

27 octobre 2023, 14h, Maison de la Recherche de Sorbonne Université, salle D421, 28 rue Serpente, 75006 Paris et en ligne sur Zoom.

La deuxième séance du séminaire de linguistique inter-germanique

2023-2024 se déroulera à Paris et en ligne, avec deux exposés en anglais:

  • Heike Wiese (HU Berlin): German in multilingual setting
  • Jaana Kolu (U of Eastern Finland): Linguistic life stories in multilingual Swedish-Finnish families in three generations

Pour assister au séminaire sur place, il est souhaitable de se manifester par mail (pierre-yves.modicom(@)univ-lyon3.fr) avant le 24/10.

Pour assister en ligne, l’inscription peut se faire jusqu’au 26 au soir sur la page du séminaire: https://framaforms.org/joint-seminar-for-cross-germanic-linguistics-seminaire-tournant-de-linguistique-intergermanique-0?info=republished

Quoi de neuf dans la Scandinavie médiévale ?

Quoi de neuf dans la Scandinavie médiévale ?

Figures historiques et mythiques nordiques dans les cultures contemporaines

Journée d’étude, 24 novembre 2023, Bibliothèque Alexis de Tocqueville, Auditorium, Caen

Équipe ERLIS, Université de Caen Normandie
« Figures emblématiques, mythiques et légendaires dans
les cultures contemporaines : récits du passé et réinterprétations »
https://www.unicaen.fr/recherche/mrsh/erlis/thema1pr2

Organisée en partenariat avec le festival Les Boréales
et la Bibliothèque Alexis de Tocqueville

Responsables : Annelie Jarl Ireman et Simon Lebouteiller

Site de la manifestation : https://erlis.unicaen.fr/evenement/quoi-de-neuf-dans-la-scandinavie-medievale/

De la figure mythifiée du viking aux divinités du panthéon nordique, en passant par les fameuses sagas islandaises, la Scandinavie médiévale nous a légué un patrimoine historique et culturel remarquable qui reste aujourd’hui une source d’inspiration inépuisable et l’objet de réinterprétations constantes. Cette journée d’étude se propose d’explorer les divers usages de cette matière du Nord médiéval à notre époque, aussi bien en envisageant sa place dans la production culturelle que son évocation dans les réflexions patrimoniales et sociétales actuelles.

Programme

10h15 : Ouverture de la journée d’étude avec Nadine Guéroult (Conservatrice responsable des collections à la bibliothèque Alexis de Tocqueville), Éric Leroy du Cardonnoy (Vice-Président de l’université de Caen Normandie), Harri Veivo (Directeur d’ERLIS) et Jérôme Rémy (Directeur artistique des Boréales)

Session 1 – Des personnages historiques aux figures mythifiées : interpréter l’histoire de la Scandinavie médiévale

10h30 : Lucie Malbos (Université de Poitiers, CESCM), « Harald, Ragnar et les autres : des popularités contrastées »
11h10 : Sarah Vincent (Université de Caen Normandie, CRAHAM), « La Skjaldmær et la Valkyrja face au Male Gaze : étude de l’archétype féminin dans l’histoire médiévale scandinave et ses représentations »
11h50 : Torfi Tulinius (Université d’Islande), « Les sagas : un espace touristique ? »

12h30 : pause déjeuner
Session 2 – Divinités, mythes et légendes : la réactualisation des anciennes croyances nordiques dans les cultures contemporaines

14h15 : Annelie Jarl Ireman (Université de Caen Normandie, ERLIS), « Magnus Chase face aux dieux nordiques réinterprétés : analyse des procédés littéraires chez Rick Riordan »
14h55 : Camille-Apollonia Narducci (Université d’Aix-Marseille/Université autonome de Madrid, CIELAM), « Mythologie nordique, made in Japan ! »

15h50 : Maria Hansson (Université Bordeaux Montaigne, REIGENN), « Bergtagen, réactualisation dans la littérature de jeunesse de la légende scandinave médiévale »
16h30 : Lise Philippe (Université de Caen Normandie, ERLIS), « Le Moyen Âge scandinave et la scène néofolk européenne : le médiévalisme au service de constructions spirituelles et identitaires contemporaines »

17h10-17h50 : Pause café
Actualité d’Ornavik

17h50 : Christian Sébire, « Un nouveau centre d’interprétation viking en Normandie »

Table ronde

18h30 : Jean Renaud, Professeur en études scandinaves, Université de Caen Normandie
Torfi Tulinius, Professeur en études islandaises médiévales, Université d’Islande
Simon Lebouteiller, Maître de conférences en études nordiques, Université de Caen Normandie
traducteurs et spécialistes de l’époque viking et des sagas
« Traduire les sagas islandaises aujourd’hui »
animée par Alban Gautier (Université de Caen Normandie, CRAHAM)

En partenariat avec la librairie Publica, les intervenants proposeront une séance de dédicace de leurs ouvrages après la table ronde.

CFP : XV International Ibsen Conference “The Intermedial Ibsen”

CFP : XV International Ibsen Conference “The Intermedial Ibsen”

The XVth International Ibsen Conference  “The Intermedial Ibsen”

Nanjing University, Nanjing, China 

June 24-26, 2024

The XVth International Ibsen Conference on “The Intermedial Ibsen” will be held in Nanjing, China on June 24-26, 2024. The conference is hosted by Nanjing University, in co-operation with the Centre for Ibsen Studies, University of Oslo. The deadline for submitting abstracts is January 1st, 2024. 

The Intermedial Ibsen

The theme of XVth International Ibsen Conference will be “The Intermedial Ibsen”. In light of new developments in intermedial studies in literature and arts, the intermedial approaches to Ibsen may include the representation of artists in Ibsen’s playsintermedial references to music and architecture, the Ibsen paintings by Edvard Munch and other artists, film adaptations based on Ibsen’s plays, remediations of Ibsen in musicals and dance theatre, and intercultural performancesof Ibsen, just to name a few. 

We encourage all participants to engage with the main theme to enrich the conference discussion. Papers may address, but are by no means restricted to, the following thematic streams:

1. Intermedial Practice and the Canonization of Ibsen’s Plays 

2. Ethical Criticism of Ibsen’s Plays

3. Directing Ibsen’s Plays

4. Comparative Studies on Ibsen and Chekhov

5. Ibsen Across Cultures: Exploring Intercultural Adaptations, Translations, Teaching, and Research

6. Re-visioning Ibsen: Stage, Media and Gender

7. What’s Wrong with the Well-made Play? Form and Structure in Ibsen’s Dramatic Writing

8. Ibsen’s “Debate” in the Intellectual History of Human Civilization

9. Representation of Ibsen’s “Body” in Different Media

10. Ibsen’s Plays in Germany

11. Changing Forms and Transforming Political Notions of Ibsen’s Plays

Instructions for abstract submission

Submitted papers should be centered on the conference theme, and paper presentations should be planned for a maximum of 20 minutes. Abstracts should be no more than 300 words long and should include a brief bio. The deadline is January 1st, 2024.

Please submit your abstract to: ibsen2024@126.com

Please include the following information at the top of the page:

Name

Institutional affiliation, if any

3-4 keywords describing the presentation

Audio-visual requirements, if any

An announcement of the proposals accepted will be made no later than February 1st, 2024.  

Should you require funding, kindly contact us. 

Contact Information

Ms. GUO Ankang, Nanjing University

Email: ibsen2024@126.com

Local Organizing Committee

Prof. HE Chengzhou, Nanjing University

Email: chengzhou@nju.edu.cn 

International Ibsen Committee

Lisbeth Wærp, UiT – The Arctic University of Norway (President)

Liyang Xia, University of Oslo, Norway (Secretary)

Anette Storli Andersen, Vestfold og Telemark Fylkeskommune, Norway

Chen Liang, Fudan University, China

Chengzhou He, Nanjing University, China

Giuliano D’Amico, University of Oslo, Norway

Kwok-Kan Tam, Hang Seng University of Hong Kong, Hong Kong SAR

Mark Sandberg, University of California, Berkeley, USA

Sabiha Huq, Khulna University, Bangladesh

Université de Caen – MRSH Normandie Caen – ERLIS – Sciences Po : Séminaire « Poétiques sociales des pays nordiques, de l’âge viking à nos jours »

Université de Caen – MRSH Normandie Caen – ERLIS – Sciences Po : Séminaire « Poétiques sociales des pays nordiques, de l’âge viking à nos jours »

PROGRAMME 2023-2024

21 SEPTEMBRE 2023

17h30, Salle des Actes sh 027, MRSH, Campus 1, Université de Caen Normandie

Caroline Olsson (Université de Lyon)

L’époque viking, regards féminins et féministes littéraires.

Lise Philippe (ERLIS, Université de Caen)

Du Ragnarök à la crise environnementale : les récits eschatologiques dans la musique metal nordique.

19 OCTOBRE 2023

17h30, Amphithéâtre sh 085, MRSH, Campus 1, Université de Caen Normandie

Frédérique Harry (REIGENN, Sorbonne Université)

Le prophétique et le polémique : les multiples héritages du piétisme.

23 NOVEMBRE 2023

17h30, Campus des Transitions, 10 rue Pasteur, 14000 Caen

Nicolas Escach (Campus des Transitions, Sciences Po Rennes) et Alexis Alamel (Campus des Transitions, Sciences Po Rennes)

Représenter l’Arctique (à partir de l’ouvrage Arctique, sous la dir. de N. Escach et B. Goffin, coll. « Odyssée, villes portraits », ENS éditions).

30 NOVEMBRE 2023

17h30, Amphi de Boüard, bâtiment B, Campus 1, Université de Caen Normandie

Andrea Kollnitz (Université de Stockholm)

The Dangers of the Unreal – Perspectives on Modern Art in Interwar Sweden.

18 JANVIER 2024

17h30, Campus des Transitions, 10 rue Pasteur, 14000 Caen

Alain Gras (Université Paris I Panthéon-Sorbonne)

Culte de la nature et écologies nordiques.

25 JANVIER 2024

17h30, Li160, Maison des langues et de l’international, Campus 1, Université de Caen Normandie

Tim van Gerven (Université Arctique de Norvège, Tromsø)

Pan-Scandinavianism and the Creation of a National Scandinavian Identity in the Nineteenth Century.

15 FÉVRIER 2024

17h30, Salle des Actes sh 027, MRSH, Campus 1, Université de Caen Normandie

Corinne François-Denève (Université de Haute-Alsace)

Traduire les pamphlets de Frida Stéenhoff : une poétique de l’État-Providence.

21 MARS 2024

17h30, Salle des Actes sh 027, MRSH, Campus 1, Université de Caen Normandie

Sanna Nyqvist (Université de Helsinki)

Island narratives in Finnish and Swedish prose fiction 1870–1939. Encounters in the borderlands of modernity.

Rappel : appel à contributions pour « Boire dans les pays nordiques et germaniques »

Rappel : appel à contributions pour « Boire dans les pays nordiques et germaniques »

12-14 juin 2024, Sorbonne Université, Paris

Date limite de soumission des propositions : 1er octobre 2023

« Vice et Vertu » (V&V) est un programme de recherche international pluriannuel issu d’une coopération entre les Universités de la Sorbonne, Caen, Turku/ TIAS, Umeå et Oslo. Le projet V&V vise aussi l’intégration de jeunes chercheurs et de chercheurs en devenir dans les réseaux de recherche nord-européens et francophones par le biais de séminaires, de workshops et de colloques organisés dans les universités partenaires de France et d’Europe du Nord.

« Vice » et « Vertu » sont des termes encore fréquemment utilisés dans des secteurs comme la finance, l’écologie ou les médias, bien qu’ils soient aujourd’hui largement désarticulés de leur ancrage religieux. Pour autant, dans des cultures où, selon la maxime luthérienne, l’humanité a été considérée comme simul justus, simul peccator, mais semper penitens, l’impératif de la vertu et l’ardente tentation du vice ont laissé de profondes traces et des interrogations existentielles particulières, tant à l’échelle individuelle que collective.
Le projet résulte ainsi d’une interrogation simple et se fonde sur une réflexion de nature épistémologique et anthropologique : comment les catégories du vice et de la vertu ont-elles été constituées et racontées dans les sociétés du Nord de l’Europe et comment ont-elles évolué à travers les époques, du Moyen Âge aux sociétés du “secular Age” (Taylor, 2007) ?
Pour jeter un éclairage sur cette vaste interrogation, plusieurs thèmes seront successivement explorés. Le premier volet, prévu pour l’année 2023-2025, a « Boire » pour thématique et donnera lieu à un colloque organisé à Paris du 12 au 14 juin 2024.

Le premier volet du projet V&V, « Boire », questionne l’acte social (ou antisocial) de la consommation de tout type de boissons – alcoolisées ou non -, individuellement ou collectivement. Il vise à interroger les pratiques anciennes et actuelles et d’en explorer les
enjeux normatifs. L’appel à contribution comprend quatre axes mais nous restons ouverts à d’autres apports et thématiques en fonction des propositions qui nous arriveront.

Le premier axe, « Boire et pouvoir », s’intéresse aux liens entre la boisson et l’exercice du pouvoir. Des libations rituelles visant à renforcer les sociabilités guerrières et élitaires dans les grandes halles médiévales (Enright, 1996; Andersen & Pajung, 2014) à la edruelighet (sobriété) affichée et mise en scène des personnalités publiques nordiques aujourd’hui, il s’agit d’étudier l’articulation entre boire et contrat social, statut public, relations de pouvoir et résolutions des conflits. Nous nous intéresserons ainsi aux initiatives politiques venant encadrer la consommation d’alcool, du Moyen Âge à nos jours, que ce soit pour assurer l’ordre et la santé publique, pour réguler les échanges commerciaux, ou dans une démarche morale et spirituelle, les différences persistantes contredisant d’ailleurs l’idée d’un schéma commun à l’échelle de l’Europe du Nord (Moskalewicz et al., 2016).
Nous nous intéresserons également aux mouvements populaires et à la tempérance, qui occupe ici une place importante tant elle questionne les relations de pouvoir et exprime des conflictualités profondes, relatives aux problématiques de classes – en témoigne la forte implication des mouvements ouvriers (Fuglum, 1999) -, de genre – l’engagement des femmes ayant été crucial pour l’adoption de la prohibition (Kaartinen, 2011) -, ou de religion (Harry, 2021). Encore aujourd’hui, la boisson demeure un terrain l’expression des enjeux de domination et de pouvoir, que ce soit en politique, dans la constitution des normativités de genre
(Eriksen, 1999, 2023) ou dans les relations entre les États et les populations. À cet effet, il convient d’accorder une attention particulière au rôle de la boisson dans les relations coloniales et postcoloniales entre pouvoirs et populations autochtones et d’en étudier l’écho dans les récits contemporains, qu’ils soient scientifiques (Sørensen, 1999), identitaires (Olsen, 2009) – par
exemple dans le christianisme læstadien -, ou médiatiques.
En quoi la boisson est-elle représentative d’enjeux de pouvoir ? Que se joue-t-il dans l’acte de boire et comment organise-t-il les relations, les groupes et les espaces ? Qui établit les normativités et par quels biais les discours et les idéologies sont-ils construits et communiqués ?
Comment se sont constituées les politiques du « boire » et quelles traces en discerne-t-on aujourd’hui ? Dit autrement, que signifie « boire » dans les sociétés nordiques selon les époques et comment cela s’articule-t-il aux conceptions du pouvoir et du contrat social ? Ces questions sont des pistes et toute proposition relative à la question du boire et du pouvoir, du Moyen Âge à nos jours, sera considérée.

Le deuxième axe, « Voir flou », aborde les représentations artistiques des boissons et de leurs consommateurs. La mise en scène du rapport entre boisson (alcoolisée ou non) et consommateur traverse les médias et les époques. À l’époque viking, les emblématiques cornes à boire pouvaient par exemple être des instruments d’ostentation de la richesse et de la puissance, mais le déclin apparent de leur usage au XIIe siècle, avec l’implantation du christianisme, semble marquer un changement de regard sur ces objets certainement associés au paganisme et à la luxure par l’Église (Etting, 2013). Dans la littérature contemporaine, le personnage buvant est associé à un jugement moral mais aussi à la subversion des normes, de l’esthétique et du canon, par exemple, David Holm (Körkarlen, Selma Lagerlöf, 1912 ; Victor Sjöström, 1921) ou Alfred Jönsson (Vieras mies tuli taloon, Mika Waltari, 1937; Wilho Ilmari, 1938). De même, l’alcool reste présent en filigrane aussi bien dans les peintures modernes – on pense ici à Symposium (Akseli Gallen-Kallela, 1894) –, que dans un imaginaire culturel propre à cette aire et dans les productions audiovisuelles nordiques actuelles : cet aspect est particulièrement remarquable dans la série norvégienne Exit (Petter Testmann-Koch, 2019), qui
suit quatre requins de la finance ayant un penchant très prononcé pour l’alcool, la drogue, le sexe, etc.. Enfin, la centralité de l’alcool dans Drunk (Thomas Vinterberg, Druk, 2020), Julie en douze chapitres (Joachim Trier, Verdens verste menneske, 2021) ou dans de nombreuses séries pour un public jeune, mais aussi l’omniprésence d’une tasse de café dans quasiment toutes les séries Nordic noir témoignent d’un fait culturel omniprésent qui ne peut être ignoré dès lors que l’on s’intéresse au rôle des arts et de la littérature au sein de sociétés et de cultures.
De plus, il importe aussi de considérer les productions artistiques attenantes à un moment social, où boire est central. Nous pensons entre autres aux répertoires de chants interprétés dans ce contexte, mais aussi, en plus de l’exemple notoire d’In vino veritas de Kierkegaard, à la tradition du discours – avec ses codes stylistiques – lors d’une cérémonie ou d’un dîner.
La représentation artistique et littéraire de la boisson et, plus globalement, l’imaginaire entourant l’acte de boire invite à explorer les espaces nordiques et germaniques dans leur relation à ce dénominateur commun. Cet axe s’intéresse aussi bien à la représentation de la boisson qu’à la production artistique sous les effets de l’alcool, du café ou autres. Il s’agira de mettre en valeur des circulations de représentations, des partages d’imaginaires, ainsi que des inquiétudes socioculturelles communes. Ainsi, quelles sont les représentations artistiques et médiatiques du “boire” ? Comment ces images et ces codes esthétiques circulent-ils et fondent un imaginaire commun ? Que révèlent-ils des interrogations socioculturelles ? Comment participent-ils à la (dé)construction des normes et des idéologies?

Le troisième axe, «La langue au service du boire», est de nature anthropologique et linguistique. Emprunté à la sociologie, devenu une notion centrale des politiques et aménagements linguistiques, le « purisme » est défini comme une idéologie selon laquelle une langue serait pure, car elle aurait préservé son authenticité en réduisant les emprunts lexicaux, morphologiques, syntaxiques et phonétiques (Vikør, 2010). Il est intéressant d’observer que la paire notionnelle « vice » et « vertu » se retrouve sémantiquement en linguistique à travers ce courant qui fait implicitement de la pureté, une vertu de la langue. L’association de valeurs morales et esthétiques à des unités linguistiques qui décrivent l’acte de boire sera donc particulièrement stimulante à analyser.
Une des orientations de cet axe sera d’explorer le lien sémantique et culturel entre pratiques langagières et pratiques sociales liées aux breuvages et boissons, mais aussi l’association de l’acte de boire et de festoyer dans sa dimension collective et individuelle. L’idiomaticité des expressions dans les langues nordiques lorsqu’elles se rapportent à des habitudes quotidiennes élémentaires telles que boire et aux effets physiques et psychiques engendrés (å være beruset /i bakrus, bakfull/ fyllesjuk – klein (dialecte), alkis, dritings (argot) ; sjaber-sjo (argot) ; «full som en alke» litt. «saoul comme un pingouin torda», veisalgia (médecine)) permettent de refléter des habitus sociologiquement ancrés et partagés par une communauté nationale et sociale.
Qualifier ces états physiques et psychologiques (Wiese et al., 2000) représente une perspective d’analyse riche en linguistique car elle met en exergue la fonctionnalité de la langue au service du boire (Hylland, 2021), et la multiplicité des registres textuels (langue médicale, argotique, etc.). Ces registres sémiotiques peuvent ainsi être endogènes avec la création d’un jargon par les consommateurs (Weihe, 2000), et exogènes qui donnent lieu à une récupération médiatique stéréotypante (cf. l’exemple du kebabnorsk, dont la labellisation est issue du lexique alimentaire). L’approche synchronique pourra ainsi éclairer l’utilisation de la langue afin de décrire des actions et des activités liées au «boire», tout en explicitant leur portée sociale (à la fois incluante et excluante). L’approche diachronique dressera une chronologie linguistique à la fois étymologique, anthropologique et culturelle des pratiques.

Une seconde orientation portera sur la dimension normative des discours, leur mise en circulation et leur importance dans la construction des sociétés modernes et contemporaines nordiques. Il s’agira ainsi d’analyser la portée discursive et idéologique de ces registres sémiotiques (Agha, 2007), souvent générés par des groupes dominants pour instaurer des pratiques vertueuses grâce à une langue méliorative, et réprimer des pratiques vicieuses par un champ indexical délictueux, le tout repris et négocié par les groupes minorés. Rejoignant la théorie du “Total Linguistic Fact” (Silverstein, 1979, 2003), le « boire » se comprend à la fois par ses unités linguistiques, l’usage sociolinguistique qu’en font les locuteurs, et l’idéologie générée par cet ensemble. La diversité des supports textuels sera, à cet égard, fortement appréciée afin d’éclairer les mises en mot des pratiques tantôt “healthy” tantôt «dangereuses» selon la description médicale, littéraire, médiatique, publicitaire que l’on en fait.

Le quatrième axe, «Les sens du liquide», s’intéresse aux boissons en tant que telles. Il aura pour objectif de croiser les approches diachroniques et synchroniques pour éclairer les typologies de la boisson. De l’hydromel magique à l’origine de la poésie selon la mythologie nordique aux décoctions à visée thérapeutique, des boissons enivrantes aux plus «saines», il s’agit de comprendre, sur une large période, comment ces typologies se sont constituées et dans quels contextes. Que disent, par exemple, les sources médiévales de la boisson et de ses différentes catégories ? Quelles sources les mentionnent ? Comment des breuvages tels le café ou le chocolat sont-ils perçus de l’époque moderne à nos jours, quelles descriptions en fait-on et quelles pratiques y associe-t-on ? On peut penser ici, par exemple, au chocolat chaud, devenu la boisson par excellence du randonneur norvégien. Cet axe s’intéresse par conséquent aux définitions des types de boissons et aux catégories de sens qui leur sont associées (revigorante/affaiblissante, saine/ malsaine, excitante/apaisante, etc.). On apportera une attention particulière aux mentions et aux représentations de la boisson, alcoolisée ou non, du Moyen Âge à nos jours (par exemple, dans les sagas, la poésie, les articles de journaux, sur les affiches des mouvements de tempérance, les publicités, etc.).

Dans cet axe, nous nous intéresserons aussi aux perceptions que l’on a des effets induits par différents breuvages. Il s’agira d’analyser plus finement les changements de statut en fonction des lieux et des moments pour comprendre les cadres implicites qui président à la consommation de certaines boissons. Nous pourrons ainsi examiner les moments et les espaces qui autorisent la consommation poussée d’alcool et donc l’ivresse, comme les banquets, les rituels de corporations, les célébrations ou autres julebord (buffets de Noël), ou ceux qui ne l’autorisent pas et la réprouvent. Notre attention se portera ainsi sur les codes implicites qui régissent ces moments et sur le rôle parfois rituel et normatif de l’ivresse (russetiden, la saint-Jean, kräftskiva, fêtes ou samedis soirs) quand le vice peut devenir, pour un moment, la vertu d’un soir. En miroir, se posera donc aussi la question de ceux qui n’obéissent pas à l’injonction au «boire» dans les contextes qui l’autorisent – voire l’attendent – et les «effets» que cela entraîne en termes d’inclusion ou d’exclusion au groupe ou à la communauté. Comment les contextes changent-ils la nature du breuvage ? Comment les effets du «boire» sont-ils perçus et décrits et quelles en sont les conséquences ?

Merci d’envoyer une proposition de 300 mots maximum, comprenant un titre et un bref descriptif du sujet et de la problématique à research.viceandvirtue@gmail avant le 1er octobre 2023.

Date limite : 1er octobre 2023.
Les réponses seront communiquées à la fin du mois de novembre 2023.
Contact : research.viceandvirtue@gmail.com.

Comité d’organisation du projet Vice et Vertu : Arne Bugge Amundsen (Universitet i Oslo),
Syrielle Deplanque (Sorbonne Université/ UQAM), Sarah Harchaoui (Sorbonne Université),
Frédérique Harry (Sorbonne Université), Malin Isaksson (Umeå Universitet), Simon
Lebouteiller (Université de Caen), Aymeric Pantet (TIAS, Turun Yliopisto).

Reflets du Nord : poétiques et politiques de l’Europe septentrionale

Reflets du Nord : poétiques et politiques de l’Europe septentrionale

Le projet “Reflets du Nord : poétiques et politiques de l’Europe septentrionale” consistera en une série de séminaires et de journées d’études dédiées aux représentations des nords européens. A travers une approche interdisciplinaire, nous interrogerons les sens et les résonances de la nordicité dans le discours politique et social ainsi que dans les arts et leur réception. Les trois contributions de ce premier volet se concentreront sur les origines et inspirations nordiques dans le monde anglophone : il sera question de l’ascendance norvégienne de la poétesse américaine Gjertrud Schnackenberg, de l’importance des Orcades pour le compositeur anglais Peter Maxwell Davies, et de la recherche par les Victoriens de leurs racines nordiques.

La première manifestation aura lieu le mercredi 14 juin à 14h30 dans la salle 233b du CLSH (Nancy). Nous aurons le plaisir d’entendre les interventions suivantes :

14h30 Alexandra Kraeva (Université de Lorraine/Université de Haute Alsace) : “So like your mother’s face”: Exploring the Link of Generations and Dealing with Loss in “Northern” Texts by Gjertrud Schnackenberg

15h15 Jean-Philippe Héberlé (Université de Lorraine) : “Les Orcades dans quelques opéras et œuvres instrumentales de Peter Maxwell Davies”

16h pause

16h15 Richard Somerset (Université de Lorraine) : “‘The Roman and the Teuton’: northern racial types in Victorian discourses of Englishness”

Organisé par Jeremy Tranmer, Claire McKeown et Kerstin Wiedemann

 

Thème : Overlay par Kaira.