Étiquette : Manifestation scientifique

Les rencontres du Sápmi 

Les rencontres du Sápmi 

19 février 2023 · 9h00 – 12h00

Lieu : Salle de conférences, Misha (Université de Strasbourg)

Pensées comme un espace de dialogue semestriel autour des questions de recherches en études sámi, les Rencontres du Sápmi offrent la possibilité aux chercheur·euse·s de présenter leurs travaux à destination d’un public élargi de spécialistes et de non-spécialistes.

Le projet est soutenu par l’ERLIS (UR 4254 – Université de Caen Normandie) et MGNE (UR 1341 – Université de Strasbourg) et organisé par Alexandre Chollet (ERLIS) et Alexandre Zeitler (MGNE).

La session de printemps aura lieu le lundi 19 février 2023 de 9h00 à 12h00 à l’Université de Strasbourg, en salle des conférences (MISHA, Campus Esplanade) ainsi qu’en hybride sur Zoom à l’adresse suivante : 

Ecutez à distance par Zoom!

Plus d’information : https://nord.unistra.fr/agenda/evenement/les-rencontres-du-sapmi-printemps-2024

Programme : 

9h00 Introduction

9h15-10h00 “Try-talk” as a tool for inclusive and respectful teaching and learning in Sami studies

Anna-Lille Drugge (Umeå University)

Notice biobibliographique: https://www.umu.se/personal/anna-lill-drugge/?flik=presentation 

10h00-10h45 Supradisciplinary research, decolonizing academia and the Sámi Land Free University

May-Britt Öhman (Uppsala University)

Notice biobibliographique : https://www.katalog.uu.se/profile/?id=n8-902 / https://www.maybrittohman.com 

Pour en savoir plus sur la Sámi Land Free University : https://www.samelandsfriauniversitet.com 

11h00-11h45 The Swedish Missionary Society and Sami Schooling, c. 1835–1920

Björn Norlin (Umeå University)

Notice biobibliographique: https://www.umu.se/en/staff/bjorn-norlin/ 

Actualité de la recherche doctorale sur Kierkegaard

Actualité de la recherche doctorale sur Kierkegaard

Samedi 13 janvier 2024

Affiche Actualité de la recherche doctorale sur Kierkegaard

Sorbonne Université

Amphithéâtre Quinet, 46 rue Saint Jacques

Cette journée d’études doctorales a pour objet de rassembler les doctorants et doctorantes français qui travaillent actuellement sur la pensée de Søren Kierkegaard, et qui présenteront leurs recherches en cours.
Les enjeux de la pensée kierkegaardienne sont d’ordre existentiel. Ils posent la question du rapport de l’individu aux différentes sphères de la vie, et s’intéressent à la manière dont ce dernier peut participer à celles-ci sans être conduit au désespoir, c’est-à-dire à l’échec du devenir-soi, maladie de l’esprit prouvant à l’individu qu’il ne se rapporte pas à lui-même de façon authentique. Cette question est, plus précisément, une question éthico-existentielle, car être à l’abri du désespoir, en guérir, est une tâche éthique, une lutte du quotidien, une décision pour soi et pour les autres ; mais c’est aussi une question religieuse, en ce qu’elle conduit à la transformation de soi dans la foi et dans le devenir chrétien. Toutefois, le « comment » de cet engagement, qui fait écho au « comment » de la structure de l’œuvre kierkegaardienne, ne va pas de soi.
Les travaux doctoraux que nous présenterons explorent certaines tonalités affectives existentielles de cet engagement, qui caractérisent le mouvement dialectique du devenir du sujet : ainsi de l’inquiétude, du silence, ou bien du risque, qui manifestent la fragilité, la souffrance mais aussi l’intelligence de l’individu sur ce chemin en première personne. Nos travaux souhaitent souligner que la constitution du sujet ne s’opère cependant pas dans l’abstraction de la solitude, mais dans la plénitude d’un monde où le sujet s’engage dans des rapports interindividuels et institutionnels, et où il se confronte sans cesse à l’altérité – celle d’autrui et celle de Dieu. Il sera précisément question de la manière dont l’individu s’extériorise dans l’amour et s’exprime dans le langage, et travaille ainsi avec ou sans succès au dévoilement de sa secrète intériorité.

Programme: 

9h30 : Accueil et introduction

Session 1 : Présidence : Pierre-Alban Gutkin-Guinfolleau (Institut Catholique de Paris)
10h-11h : Oliver Norman (Université de Poitiers) : De la pseudonymie à la cardiognosie : la littérature du secret chez Kierkegaard, Derrida et Chrétien.
11h-12h : Cassandre Caballero (Université de Picardie Jules Verne et Université de Copenhague) : Adorno kierkegaardien ou le meurtre du père.

Session 2 : Présidence : Emeline Durand (Université de Bourgogne)
13h30-14h30 : Jeanne Delamarre (Sorbonne Université) : D’une inquiétude l’autre. De l’inquiétude esthétique à l’inquiétude religieuse.
14h30-15h30 : Jérôme Bord (Université de Strasbourg) : « Le monde ne hait vraiment pas le mal » : Kierkegaard et la critique de la sagacité.
15h30-16h30 : Armande Delage (Sorbonne Université) : Se faire l’interprète des choses divines. Une herméneutique kierkegaardienne.

Cet événement est organisé avec le soutien de Sorbonne Université (EA 3552, Ecole doctorale 433, UFR de Philosophie), de l’Université de Picardie Jules Verne (Curapp-ESS) et de l’Université de Copenhague (Centre de recherches Søren Kierkegaard), en partenariat avec l’Institut français du Danemark.

Responsables de l’événement:

Armande Delage : armande.delage@sorbonne-universite.fr

Cassandre Caballero : ccb@teol.ku.dk

Inscription obligatoire : https://www.eventbrite.fr/e/billets-actualite-de-la-recherche-doctorale-sur-kierkegaard-770713443657?aff=oddtdtcreator

Séminaire Vice & Vertu 2023-2024 : Boire dans les pays nordiques et germaniques

Séminaire Vice & Vertu 2023-2024 : Boire dans les pays nordiques et germaniques

Programme de la séance du 24 novembre 2023 

Le séminaire Vice & Vertu est organisé un vendredi par mois à la Bibliothèque Nordique (6 rue Valette, Paris) de 10h à 12h.

La première séance aura lieu le 24 novembre 2023 avec :

  • Aymeric Pantet (Turku/ TIAS) : « Pas d’éthique dans la Baltique ! Le trafic d’alcool dans le cinéma nordique (1930-1950) »
  • Malin Isaksson (Umeå Universitet) : « Mat och dryck i Sápmi – teman i svensk samtidslitteratur »

Bienvenue og velkommen !

Dates des séances suivantes :

  • 26 janvier 2024
  • 23 février 2024
  • 14-15 mars 2024 (séminaire délocalisé à Oslo)
  • 26 avril 2024
  • 17 mai 2024

Contact & inscription :

research.viceandvirtue@gmail.com

Le projet V&V est organisé par l’Université d’Oslo, l’Université d’Umeå, l’Université de Turku / TIAS, l’Université de Caen et Sorbonne Université.

Quoi de neuf dans la Scandinavie médiévale ?

Quoi de neuf dans la Scandinavie médiévale ?

Figures historiques et mythiques nordiques dans les cultures contemporaines

Journée d’étude, 24 novembre 2023, Bibliothèque Alexis de Tocqueville, Auditorium, Caen

Équipe ERLIS, Université de Caen Normandie
« Figures emblématiques, mythiques et légendaires dans
les cultures contemporaines : récits du passé et réinterprétations »
https://www.unicaen.fr/recherche/mrsh/erlis/thema1pr2

Organisée en partenariat avec le festival Les Boréales
et la Bibliothèque Alexis de Tocqueville

Responsables : Annelie Jarl Ireman et Simon Lebouteiller

Site de la manifestation : https://erlis.unicaen.fr/evenement/quoi-de-neuf-dans-la-scandinavie-medievale/

De la figure mythifiée du viking aux divinités du panthéon nordique, en passant par les fameuses sagas islandaises, la Scandinavie médiévale nous a légué un patrimoine historique et culturel remarquable qui reste aujourd’hui une source d’inspiration inépuisable et l’objet de réinterprétations constantes. Cette journée d’étude se propose d’explorer les divers usages de cette matière du Nord médiéval à notre époque, aussi bien en envisageant sa place dans la production culturelle que son évocation dans les réflexions patrimoniales et sociétales actuelles.

Programme

10h15 : Ouverture de la journée d’étude avec Nadine Guéroult (Conservatrice responsable des collections à la bibliothèque Alexis de Tocqueville), Éric Leroy du Cardonnoy (Vice-Président de l’université de Caen Normandie), Harri Veivo (Directeur d’ERLIS) et Jérôme Rémy (Directeur artistique des Boréales)

Session 1 – Des personnages historiques aux figures mythifiées : interpréter l’histoire de la Scandinavie médiévale

10h30 : Lucie Malbos (Université de Poitiers, CESCM), « Harald, Ragnar et les autres : des popularités contrastées »
11h10 : Sarah Vincent (Université de Caen Normandie, CRAHAM), « La Skjaldmær et la Valkyrja face au Male Gaze : étude de l’archétype féminin dans l’histoire médiévale scandinave et ses représentations »
11h50 : Torfi Tulinius (Université d’Islande), « Les sagas : un espace touristique ? »

12h30 : pause déjeuner
Session 2 – Divinités, mythes et légendes : la réactualisation des anciennes croyances nordiques dans les cultures contemporaines

14h15 : Annelie Jarl Ireman (Université de Caen Normandie, ERLIS), « Magnus Chase face aux dieux nordiques réinterprétés : analyse des procédés littéraires chez Rick Riordan »
14h55 : Camille-Apollonia Narducci (Université d’Aix-Marseille/Université autonome de Madrid, CIELAM), « Mythologie nordique, made in Japan ! »

15h50 : Maria Hansson (Université Bordeaux Montaigne, REIGENN), « Bergtagen, réactualisation dans la littérature de jeunesse de la légende scandinave médiévale »
16h30 : Lise Philippe (Université de Caen Normandie, ERLIS), « Le Moyen Âge scandinave et la scène néofolk européenne : le médiévalisme au service de constructions spirituelles et identitaires contemporaines »

17h10-17h50 : Pause café
Actualité d’Ornavik

17h50 : Christian Sébire, « Un nouveau centre d’interprétation viking en Normandie »

Table ronde

18h30 : Jean Renaud, Professeur en études scandinaves, Université de Caen Normandie
Torfi Tulinius, Professeur en études islandaises médiévales, Université d’Islande
Simon Lebouteiller, Maître de conférences en études nordiques, Université de Caen Normandie
traducteurs et spécialistes de l’époque viking et des sagas
« Traduire les sagas islandaises aujourd’hui »
animée par Alban Gautier (Université de Caen Normandie, CRAHAM)

En partenariat avec la librairie Publica, les intervenants proposeront une séance de dédicace de leurs ouvrages après la table ronde.

Université de Caen – MRSH Normandie Caen – ERLIS – Sciences Po : Séminaire « Poétiques sociales des pays nordiques, de l’âge viking à nos jours »

Université de Caen – MRSH Normandie Caen – ERLIS – Sciences Po : Séminaire « Poétiques sociales des pays nordiques, de l’âge viking à nos jours »

PROGRAMME 2023-2024

21 SEPTEMBRE 2023

17h30, Salle des Actes sh 027, MRSH, Campus 1, Université de Caen Normandie

Caroline Olsson (Université de Lyon)

L’époque viking, regards féminins et féministes littéraires.

Lise Philippe (ERLIS, Université de Caen)

Du Ragnarök à la crise environnementale : les récits eschatologiques dans la musique metal nordique.

19 OCTOBRE 2023

17h30, Amphithéâtre sh 085, MRSH, Campus 1, Université de Caen Normandie

Frédérique Harry (REIGENN, Sorbonne Université)

Le prophétique et le polémique : les multiples héritages du piétisme.

23 NOVEMBRE 2023

17h30, Campus des Transitions, 10 rue Pasteur, 14000 Caen

Nicolas Escach (Campus des Transitions, Sciences Po Rennes) et Alexis Alamel (Campus des Transitions, Sciences Po Rennes)

Représenter l’Arctique (à partir de l’ouvrage Arctique, sous la dir. de N. Escach et B. Goffin, coll. « Odyssée, villes portraits », ENS éditions).

30 NOVEMBRE 2023

17h30, Amphi de Boüard, bâtiment B, Campus 1, Université de Caen Normandie

Andrea Kollnitz (Université de Stockholm)

The Dangers of the Unreal – Perspectives on Modern Art in Interwar Sweden.

18 JANVIER 2024

17h30, Campus des Transitions, 10 rue Pasteur, 14000 Caen

Alain Gras (Université Paris I Panthéon-Sorbonne)

Culte de la nature et écologies nordiques.

25 JANVIER 2024

17h30, Li160, Maison des langues et de l’international, Campus 1, Université de Caen Normandie

Tim van Gerven (Université Arctique de Norvège, Tromsø)

Pan-Scandinavianism and the Creation of a National Scandinavian Identity in the Nineteenth Century.

15 FÉVRIER 2024

17h30, Salle des Actes sh 027, MRSH, Campus 1, Université de Caen Normandie

Corinne François-Denève (Université de Haute-Alsace)

Traduire les pamphlets de Frida Stéenhoff : une poétique de l’État-Providence.

21 MARS 2024

17h30, Salle des Actes sh 027, MRSH, Campus 1, Université de Caen Normandie

Sanna Nyqvist (Université de Helsinki)

Island narratives in Finnish and Swedish prose fiction 1870–1939. Encounters in the borderlands of modernity.

Rappel : appel à contributions pour « Boire dans les pays nordiques et germaniques »

Rappel : appel à contributions pour « Boire dans les pays nordiques et germaniques »

12-14 juin 2024, Sorbonne Université, Paris

Date limite de soumission des propositions : 1er octobre 2023

« Vice et Vertu » (V&V) est un programme de recherche international pluriannuel issu d’une coopération entre les Universités de la Sorbonne, Caen, Turku/ TIAS, Umeå et Oslo. Le projet V&V vise aussi l’intégration de jeunes chercheurs et de chercheurs en devenir dans les réseaux de recherche nord-européens et francophones par le biais de séminaires, de workshops et de colloques organisés dans les universités partenaires de France et d’Europe du Nord.

« Vice » et « Vertu » sont des termes encore fréquemment utilisés dans des secteurs comme la finance, l’écologie ou les médias, bien qu’ils soient aujourd’hui largement désarticulés de leur ancrage religieux. Pour autant, dans des cultures où, selon la maxime luthérienne, l’humanité a été considérée comme simul justus, simul peccator, mais semper penitens, l’impératif de la vertu et l’ardente tentation du vice ont laissé de profondes traces et des interrogations existentielles particulières, tant à l’échelle individuelle que collective.
Le projet résulte ainsi d’une interrogation simple et se fonde sur une réflexion de nature épistémologique et anthropologique : comment les catégories du vice et de la vertu ont-elles été constituées et racontées dans les sociétés du Nord de l’Europe et comment ont-elles évolué à travers les époques, du Moyen Âge aux sociétés du “secular Age” (Taylor, 2007) ?
Pour jeter un éclairage sur cette vaste interrogation, plusieurs thèmes seront successivement explorés. Le premier volet, prévu pour l’année 2023-2025, a « Boire » pour thématique et donnera lieu à un colloque organisé à Paris du 12 au 14 juin 2024.

Le premier volet du projet V&V, « Boire », questionne l’acte social (ou antisocial) de la consommation de tout type de boissons – alcoolisées ou non -, individuellement ou collectivement. Il vise à interroger les pratiques anciennes et actuelles et d’en explorer les
enjeux normatifs. L’appel à contribution comprend quatre axes mais nous restons ouverts à d’autres apports et thématiques en fonction des propositions qui nous arriveront.

Le premier axe, « Boire et pouvoir », s’intéresse aux liens entre la boisson et l’exercice du pouvoir. Des libations rituelles visant à renforcer les sociabilités guerrières et élitaires dans les grandes halles médiévales (Enright, 1996; Andersen & Pajung, 2014) à la edruelighet (sobriété) affichée et mise en scène des personnalités publiques nordiques aujourd’hui, il s’agit d’étudier l’articulation entre boire et contrat social, statut public, relations de pouvoir et résolutions des conflits. Nous nous intéresserons ainsi aux initiatives politiques venant encadrer la consommation d’alcool, du Moyen Âge à nos jours, que ce soit pour assurer l’ordre et la santé publique, pour réguler les échanges commerciaux, ou dans une démarche morale et spirituelle, les différences persistantes contredisant d’ailleurs l’idée d’un schéma commun à l’échelle de l’Europe du Nord (Moskalewicz et al., 2016).
Nous nous intéresserons également aux mouvements populaires et à la tempérance, qui occupe ici une place importante tant elle questionne les relations de pouvoir et exprime des conflictualités profondes, relatives aux problématiques de classes – en témoigne la forte implication des mouvements ouvriers (Fuglum, 1999) -, de genre – l’engagement des femmes ayant été crucial pour l’adoption de la prohibition (Kaartinen, 2011) -, ou de religion (Harry, 2021). Encore aujourd’hui, la boisson demeure un terrain l’expression des enjeux de domination et de pouvoir, que ce soit en politique, dans la constitution des normativités de genre
(Eriksen, 1999, 2023) ou dans les relations entre les États et les populations. À cet effet, il convient d’accorder une attention particulière au rôle de la boisson dans les relations coloniales et postcoloniales entre pouvoirs et populations autochtones et d’en étudier l’écho dans les récits contemporains, qu’ils soient scientifiques (Sørensen, 1999), identitaires (Olsen, 2009) – par
exemple dans le christianisme læstadien -, ou médiatiques.
En quoi la boisson est-elle représentative d’enjeux de pouvoir ? Que se joue-t-il dans l’acte de boire et comment organise-t-il les relations, les groupes et les espaces ? Qui établit les normativités et par quels biais les discours et les idéologies sont-ils construits et communiqués ?
Comment se sont constituées les politiques du « boire » et quelles traces en discerne-t-on aujourd’hui ? Dit autrement, que signifie « boire » dans les sociétés nordiques selon les époques et comment cela s’articule-t-il aux conceptions du pouvoir et du contrat social ? Ces questions sont des pistes et toute proposition relative à la question du boire et du pouvoir, du Moyen Âge à nos jours, sera considérée.

Le deuxième axe, « Voir flou », aborde les représentations artistiques des boissons et de leurs consommateurs. La mise en scène du rapport entre boisson (alcoolisée ou non) et consommateur traverse les médias et les époques. À l’époque viking, les emblématiques cornes à boire pouvaient par exemple être des instruments d’ostentation de la richesse et de la puissance, mais le déclin apparent de leur usage au XIIe siècle, avec l’implantation du christianisme, semble marquer un changement de regard sur ces objets certainement associés au paganisme et à la luxure par l’Église (Etting, 2013). Dans la littérature contemporaine, le personnage buvant est associé à un jugement moral mais aussi à la subversion des normes, de l’esthétique et du canon, par exemple, David Holm (Körkarlen, Selma Lagerlöf, 1912 ; Victor Sjöström, 1921) ou Alfred Jönsson (Vieras mies tuli taloon, Mika Waltari, 1937; Wilho Ilmari, 1938). De même, l’alcool reste présent en filigrane aussi bien dans les peintures modernes – on pense ici à Symposium (Akseli Gallen-Kallela, 1894) –, que dans un imaginaire culturel propre à cette aire et dans les productions audiovisuelles nordiques actuelles : cet aspect est particulièrement remarquable dans la série norvégienne Exit (Petter Testmann-Koch, 2019), qui
suit quatre requins de la finance ayant un penchant très prononcé pour l’alcool, la drogue, le sexe, etc.. Enfin, la centralité de l’alcool dans Drunk (Thomas Vinterberg, Druk, 2020), Julie en douze chapitres (Joachim Trier, Verdens verste menneske, 2021) ou dans de nombreuses séries pour un public jeune, mais aussi l’omniprésence d’une tasse de café dans quasiment toutes les séries Nordic noir témoignent d’un fait culturel omniprésent qui ne peut être ignoré dès lors que l’on s’intéresse au rôle des arts et de la littérature au sein de sociétés et de cultures.
De plus, il importe aussi de considérer les productions artistiques attenantes à un moment social, où boire est central. Nous pensons entre autres aux répertoires de chants interprétés dans ce contexte, mais aussi, en plus de l’exemple notoire d’In vino veritas de Kierkegaard, à la tradition du discours – avec ses codes stylistiques – lors d’une cérémonie ou d’un dîner.
La représentation artistique et littéraire de la boisson et, plus globalement, l’imaginaire entourant l’acte de boire invite à explorer les espaces nordiques et germaniques dans leur relation à ce dénominateur commun. Cet axe s’intéresse aussi bien à la représentation de la boisson qu’à la production artistique sous les effets de l’alcool, du café ou autres. Il s’agira de mettre en valeur des circulations de représentations, des partages d’imaginaires, ainsi que des inquiétudes socioculturelles communes. Ainsi, quelles sont les représentations artistiques et médiatiques du “boire” ? Comment ces images et ces codes esthétiques circulent-ils et fondent un imaginaire commun ? Que révèlent-ils des interrogations socioculturelles ? Comment participent-ils à la (dé)construction des normes et des idéologies?

Le troisième axe, «La langue au service du boire», est de nature anthropologique et linguistique. Emprunté à la sociologie, devenu une notion centrale des politiques et aménagements linguistiques, le « purisme » est défini comme une idéologie selon laquelle une langue serait pure, car elle aurait préservé son authenticité en réduisant les emprunts lexicaux, morphologiques, syntaxiques et phonétiques (Vikør, 2010). Il est intéressant d’observer que la paire notionnelle « vice » et « vertu » se retrouve sémantiquement en linguistique à travers ce courant qui fait implicitement de la pureté, une vertu de la langue. L’association de valeurs morales et esthétiques à des unités linguistiques qui décrivent l’acte de boire sera donc particulièrement stimulante à analyser.
Une des orientations de cet axe sera d’explorer le lien sémantique et culturel entre pratiques langagières et pratiques sociales liées aux breuvages et boissons, mais aussi l’association de l’acte de boire et de festoyer dans sa dimension collective et individuelle. L’idiomaticité des expressions dans les langues nordiques lorsqu’elles se rapportent à des habitudes quotidiennes élémentaires telles que boire et aux effets physiques et psychiques engendrés (å være beruset /i bakrus, bakfull/ fyllesjuk – klein (dialecte), alkis, dritings (argot) ; sjaber-sjo (argot) ; «full som en alke» litt. «saoul comme un pingouin torda», veisalgia (médecine)) permettent de refléter des habitus sociologiquement ancrés et partagés par une communauté nationale et sociale.
Qualifier ces états physiques et psychologiques (Wiese et al., 2000) représente une perspective d’analyse riche en linguistique car elle met en exergue la fonctionnalité de la langue au service du boire (Hylland, 2021), et la multiplicité des registres textuels (langue médicale, argotique, etc.). Ces registres sémiotiques peuvent ainsi être endogènes avec la création d’un jargon par les consommateurs (Weihe, 2000), et exogènes qui donnent lieu à une récupération médiatique stéréotypante (cf. l’exemple du kebabnorsk, dont la labellisation est issue du lexique alimentaire). L’approche synchronique pourra ainsi éclairer l’utilisation de la langue afin de décrire des actions et des activités liées au «boire», tout en explicitant leur portée sociale (à la fois incluante et excluante). L’approche diachronique dressera une chronologie linguistique à la fois étymologique, anthropologique et culturelle des pratiques.

Une seconde orientation portera sur la dimension normative des discours, leur mise en circulation et leur importance dans la construction des sociétés modernes et contemporaines nordiques. Il s’agira ainsi d’analyser la portée discursive et idéologique de ces registres sémiotiques (Agha, 2007), souvent générés par des groupes dominants pour instaurer des pratiques vertueuses grâce à une langue méliorative, et réprimer des pratiques vicieuses par un champ indexical délictueux, le tout repris et négocié par les groupes minorés. Rejoignant la théorie du “Total Linguistic Fact” (Silverstein, 1979, 2003), le « boire » se comprend à la fois par ses unités linguistiques, l’usage sociolinguistique qu’en font les locuteurs, et l’idéologie générée par cet ensemble. La diversité des supports textuels sera, à cet égard, fortement appréciée afin d’éclairer les mises en mot des pratiques tantôt “healthy” tantôt «dangereuses» selon la description médicale, littéraire, médiatique, publicitaire que l’on en fait.

Le quatrième axe, «Les sens du liquide», s’intéresse aux boissons en tant que telles. Il aura pour objectif de croiser les approches diachroniques et synchroniques pour éclairer les typologies de la boisson. De l’hydromel magique à l’origine de la poésie selon la mythologie nordique aux décoctions à visée thérapeutique, des boissons enivrantes aux plus «saines», il s’agit de comprendre, sur une large période, comment ces typologies se sont constituées et dans quels contextes. Que disent, par exemple, les sources médiévales de la boisson et de ses différentes catégories ? Quelles sources les mentionnent ? Comment des breuvages tels le café ou le chocolat sont-ils perçus de l’époque moderne à nos jours, quelles descriptions en fait-on et quelles pratiques y associe-t-on ? On peut penser ici, par exemple, au chocolat chaud, devenu la boisson par excellence du randonneur norvégien. Cet axe s’intéresse par conséquent aux définitions des types de boissons et aux catégories de sens qui leur sont associées (revigorante/affaiblissante, saine/ malsaine, excitante/apaisante, etc.). On apportera une attention particulière aux mentions et aux représentations de la boisson, alcoolisée ou non, du Moyen Âge à nos jours (par exemple, dans les sagas, la poésie, les articles de journaux, sur les affiches des mouvements de tempérance, les publicités, etc.).

Dans cet axe, nous nous intéresserons aussi aux perceptions que l’on a des effets induits par différents breuvages. Il s’agira d’analyser plus finement les changements de statut en fonction des lieux et des moments pour comprendre les cadres implicites qui président à la consommation de certaines boissons. Nous pourrons ainsi examiner les moments et les espaces qui autorisent la consommation poussée d’alcool et donc l’ivresse, comme les banquets, les rituels de corporations, les célébrations ou autres julebord (buffets de Noël), ou ceux qui ne l’autorisent pas et la réprouvent. Notre attention se portera ainsi sur les codes implicites qui régissent ces moments et sur le rôle parfois rituel et normatif de l’ivresse (russetiden, la saint-Jean, kräftskiva, fêtes ou samedis soirs) quand le vice peut devenir, pour un moment, la vertu d’un soir. En miroir, se posera donc aussi la question de ceux qui n’obéissent pas à l’injonction au «boire» dans les contextes qui l’autorisent – voire l’attendent – et les «effets» que cela entraîne en termes d’inclusion ou d’exclusion au groupe ou à la communauté. Comment les contextes changent-ils la nature du breuvage ? Comment les effets du «boire» sont-ils perçus et décrits et quelles en sont les conséquences ?

Merci d’envoyer une proposition de 300 mots maximum, comprenant un titre et un bref descriptif du sujet et de la problématique à research.viceandvirtue@gmail avant le 1er octobre 2023.

Date limite : 1er octobre 2023.
Les réponses seront communiquées à la fin du mois de novembre 2023.
Contact : research.viceandvirtue@gmail.com.

Comité d’organisation du projet Vice et Vertu : Arne Bugge Amundsen (Universitet i Oslo),
Syrielle Deplanque (Sorbonne Université/ UQAM), Sarah Harchaoui (Sorbonne Université),
Frédérique Harry (Sorbonne Université), Malin Isaksson (Umeå Universitet), Simon
Lebouteiller (Université de Caen), Aymeric Pantet (TIAS, Turun Yliopisto).

Appel à participation : Nouvelles sérialités nordiques : consensuelles ou disruptives ?

Appel à participation : Nouvelles sérialités nordiques : consensuelles ou disruptives ?

Journée d’études 

8 novembre 2023 – Sorbonne Université

Objet d’études intensives depuis au moins vingt ans et moyen de communication de masse intergénérationnelle, les séries télévisées se sont imposées comme l’un des médias les plus représentatifs de l’histoire culturelle de l’époque contemporaine. Les pays nordiques n’échappent pas à cette tendance esthétique et médiatique, comme le confirme l’évolution rapide et exponentielle de certains genres sériels tels que le Nordic Noir, les fictions de jeunesse, la « cli-fi », le soft-fantasy folklorique, l’hyperréalisme, la dystopie ou encore le drame politique qui animent les productions nordiques ces dernières années et sont récompensés par le succès du public. 
Cette journée d’étude vise à étudier le phénomène dans sa complexité et son hétérogénéité des séries télévisées nordiques. D’une part, il est vrai qu’un certain nombre de recherches ont été menées sur les produits nationaux (par exemple les séries télévisées danoises), sur leur exportation par le biais d’adaptations (notamment à travers l’étude des transferts culturels) ou sur certains genres et effets spécifiques (comme la glocalisation). En revanche, il manque une approche globale et comparative afin de mettre en évidence les éléments communs de ces séries, leurs spécificités mais aussi les caractéristiques de la production culturelle de chaque pays. Est-il possible d’identifier les codes sémantiques et les enjeux de la sérialité télévisuelle nordique ? Quels sont les facteurs qui ont permis à certaines séries nordiques de devenir emblématiques ? 
Non seulement les pays nordiques ont mûri des formats innovants et contribué à l’exportation à grande échelle de nouveaux genres – comme le Nordic Noir et ses dérivés européens et américains – ou à la création de codes sémiotiques de certains genres – comme la fiction multimédia SKAM . Mais d’autres tendances émergent encore comme le maternity drama – dont le récent Skruk, 2022 est un exemple, ou des séries aux visées sociales et politiques marquées comme The girl from Oslo (2021), Kalifat (2020), Okkupert (2015), jusqu’au plus divertissant Kärlek och Anarki (2020). Quelles sont les nouvelles tendances et les nouveaux sous-genres de la sérialité nordique ? 
Il existe aujourd’hui, en Europe, des recherches approfondies sur des domaines spécifiques comme le réseau international DETECT ou la toute récente recherche sur l’égalité des genres dans les séries télévisées proposée par des chercheurs de l’Université d’Aalborg (Toft Hansen-Brix Jacobsen). Quels sont les conséquences et les risques de cette réussite et de cette circulation ? Dans quelle mesure les phénomènes de “Netflixisation” et de l’homogénéisation esthétique et thématique qui en découle guettent-ils ces productions mondialisées ?


Les propositions (titre, présentation d’une quinzaine de lignes, notice bio) seront à envoyer à
Frédérique Toudoire-Surlapierre (frederique.toudoire@free.fr) et Alessandra Ballotti
(alessandra.ballotti@sorbonne-universite.fr) avant le 30 septembre 2023. Après expertise par
un comité scientifique, la journée d’étude donnera lieu à une publication.

Bibliographie

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Agger, G. (2016). Nordic Noir—location, identity and emotion. In Emotions in contemporary TV series (pp.
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Quoi de neuf dans la Scandinavie médiévale ? Figures historiques et mythiques nordiques dans les cultures contemporaines

Quoi de neuf dans la Scandinavie médiévale ? Figures historiques et mythiques nordiques dans les cultures contemporaines

Journée d’étude, 24 novembre 2023
Bibliothèque Alexis de Tocqueville, Amphithéâtre, Caen

Équipe ERLIS, Université de Caen Normandie

Programme de recherche :« Figures emblématiques, mythiques et légendaires dans les cultures contemporaines : récits du passé et réinterprétations » https://www.unicaen.fr/recherche/mrsh/erlis/thema1pr2

Organisée en partenariat avec le festival Les Boréales 
et la Bibliothèque Alexis de Tocqueville

Responsables : Annelie Jarl Ireman, Simon Lebouteiller 

Retour des propositions : 21 avril 2023
Envoi des propositions : simon.lebouteiller[arobase]unicaen.fr

La Scandinavie médiévale nous a légué un patrimoine historique et culturel remarquable. Cette période a notamment été marquée par le phénomène viking qui, entre la fin du VIIIe siècle et le milieu du XIe siècle, a vu un accroissement des contacts et des échanges entre les Scandinaves et les autres Européens. Les vikings ont alors eu une influence déterminante dans le développement historique de nombre de régions du continent et au-delà, la fondation du duché de Normandie en étant un exemple emblématique. À l’époque médiévale, l’Europe du Nord a aussi été le berceau d’une culture matérielle riche, ainsi que d’une littérature florissante. C’est plus particulièrement autour du XIIIᵉ siècle que sont rédigées les œuvres les plus célèbres, telles que les fameuses sagas islandaises, les Gesta Danorum de Saxo Grammaticus ou encore le corpus mythographique des Eddas.

À l’époque contemporaine, ce patrimoine est devenu une source d’inspiration inépuisable et l’objet de réinterprétations constantes. Dans l’Europe du Nord du XIXe siècle, le romantisme a notamment fait du Moyen Âge un véritable Âge d’or autour duquel devaient se consolider les identités nationales, tandis que la figure idéalisée du viking devenait l’incarnation de la force, du courage et de l’aventure. Au XXe siècle, la connaissance historique sur le Nord médiéval s’est affinée grâce à une lecture plus critique des sources et à l’apport de l’archéologie, la recherche récente, par exemple à travers la notion de diasporas, permettant d’ailleurs d’envisager les installations vikings non pas comme un phénomène exclusivement perturbateur, mais comme l’occasion de rencontres et d’échanges entre les cultures. Toutefois, cette matière continue de fasciner les contemporains comme le montrent la richesse et la diversité de la production culturelle s’en inspirant. Du film The Northman (2022) au jeu vidéo Assassin’s Creed Valhalla (2020), en passant par l’imagerie du rock metal et la littérature, c’est une multitude de supports qui mobilisent et réinventent cet imaginaire. En particulier, certaines figures historiques, légendaires et mythologiques, telles que Ragnar Lodbrok ou les divinités Odin, Thor et Loki, traversent les époques et le succès rencontré par les productions les mettant en scène — la série Vikingsentre 2013 et 2020, les films Marvel… — illustre l’intérêt continu que le public leur porte. Dans le même temps, en écho avec les questions de société, la matière du Nord médiéval est également le support de réflexions et de débats toujours renouvelés, en témoignent les récentes discussions sur l’existence supposée de femmes-guerrières à cette époque à la suite de la réévaluation des données archéologiques.

Cette journée d’étude se propose d’explorer les divers usages et réinterprétations des vikings et de la littérature scandinave médiévale à notre époque, aussi bien en envisageant leur place dans la production culturelle que leur évocation dans les débats sociétaux et historiographiques actuels. Pourquoi cette matière continue-t-elle de fasciner ? Comment les figures historiques et mythiques issues du Moyen Âge scandinave évoluent-elles et sont-elles réactualisées ? Quel sens et quelle fonction leur attribue-t-on aujourd’hui ?

Les propositions de communication d’environ 400 mots, accompagnées une courte bio-bibliographie, sont attendues au plus tard pour le 21 avril 2023 et à retourner à l’adresse suivante : simon.lebouteiller[arobase]unicaen.fr.

Thème : Overlay par Kaira.