Appel à communications – Deshima n°21 (2027) : L’Europe du Nord en 2100
[English below]
À l’occasion des 20 ans de la revue Deshima, nous proposons de nous tourner vers l’avenir et vous invitons à réfléchir avec nous à ce que pourrait être « L’Europe du Nord en 2100 ». Le Nord est ici considéré dans son sens le plus large possible, c’est-à-dire les pays ayant une ouverture maritime vers la mer de la Baltique, la mer du Nord, la mer du Groenland et la mer de Barents (De la Belgique aux pays scandinaves en passant par les Pays-Bas).
Quels visages, quels enjeux, quelles mutations politiques, sociales, culturelles, économiques ou environnementales pouvons-nous imaginer pour cette zone géographique d’ici la fin du siècle ? Nous invitons chercheurs et chercheuses à partager analyses, hypothèses et visions. L’objectif est d’une part d’interroger les trajectoires possibles : l’évolution des identités nationales et régionales, les transformations démographiques, la transition énergétique, l’impact du changement climatique, la circulation des savoirs et des cultures, ou encore la place des pays nord-européens dans les équilibres géopolitiques mondiaux etc. En mobilisant à la fois l’histoire, les sciences sociales, la littérature, les arts et la prospective, nous souhaitons donner naissance à une réflexion collective qui dépasse le cadre disciplinaire et ouvre des pistes d’imagination pour penser autrement les devenirs du Nord.
À quoi ressemblera « l’Europe du Nord en 2100 » ? Des territoires engloutis par la montée des eaux ou au contraire des cités flottantes pionnières survolées par de nouveaux moyens de transports extraordinaires ? Des paysages marqués par la fonte des glaces et la réinvention des modes de vie, ou des espaces au contraire où la glace domine, devenus laboratoires de transitions écologiques et culturelles ? Des sociétés où sont nées de nouvelles langues métissées et de nouveaux rituels et où les frontières nationales ne seraient plus que des vestiges, ou des communautés qui seraient retranchées, farouchement attachées à leurs singularités ? La mer du Nord peut-elle devenir une nouvelle Méditerranée à la faveur d’un potentiel tourisme climatique ? Les légendes du Nord seront-elles réinventées et adaptées à la crise climatique (apparition de nouveaux mythes aquatiques) ? Il s’agira ainsi d’ouvrir des chemins de pensée, d’explorer des utopies comme des dystopies. La science-fiction pourrait être également mobilisée : elle n’est pas seulement une échappée vers ce qui peut sembler impossible, elle est un outil pour penser les avenirs plausibles, désirables ou inquiétants. Nous vous invitons à mobiliser votre créativité critique, vos récits spéculatifs, vos visions prospectives pour dessiner ces futurs nord-européens.
Un angle d’étude particulièrement stimulant, également, consisterait à interroger les récits de science-fiction déjà produits par le passé par les pays d’Europe du Nord. Ces territoires ont en effet développé, depuis le XXᵉ siècle, une production souvent méconnue mais riche de singularités. Explorer ces fictions — qu’il s’agisse d’œuvres littéraires, poétiques, cinématographiques (films, documentaires, séries) ou visuelles (jeux vidéo, affiches) — permettrait de mettre en lumière des imaginaires du futur profondément ancrés dans ces contextes nord-européens. Sans être limitatif, on pense par exemple à Starship Troopers de Paul Verhoeven, les romans de science-fiction d’Alfred Elton Van Vogt, américain d’origine néerlandaise, Solaris korrigert du Norvégien Øyvind Rimbereid, Fugl de Sigbjørn Skåden, premier roman de science-fiction d’un Sámi, Tainaron: Postia toisesta kaupungista de l’autrice finoise Leena Krohn, Aniara, film suédo-danois adapté du poème de Harry Martinsson, UFO Sweden, film suédois de Victor Danell de 2022, Blindpassasjer, Série de TV norvégienne de 1978, New Babylon, un projet utopique d’urbanisme élaboré dans les années 1960 par Constant Anton Nieuwenhuys, alors membre du mouvement situationniste et influencé par Guy Debord. D’autres fondateurs et membres de COBRA pourront également être mobilisés. Ces exemples ne sont naturellement pas limitatifs.
Nous appelons ainsi à des contributions capables de nourrir ces horizons : récits d’anticipation, scénarios prospectifs, analyses visionnaires, fictions politiques ou propositions esthétiques, analyse d’anciennes productions culturelles. Pour célébrer ses vingt ans, Deshima souhaite que ce numéro soit le lieu où s’esquissent des futurs désirables ou effrayants pour le Nord européen.
Ce numéro de Deshima est placé sous la direction conjointe de Thomas Beaufils, Roberto Dagnino, Cyrille François et Thomas Mohnike.
Modalités de soumission
Les propositions devront être envoyées à Thomas Beaufils (thomas.beaufils@univ-lille.fr), Roberto Dagnino (dagnino@unistra.fr), Cyrille François (cyrille.francois@unil.ch) et Thomas Mohnike (tmohnike@unistra.fr) avant le 28 février 2026. Elles comprendront :
- un titre ;
- un résumé de 200 à 300 mots ;
- 5 mots-clés ;
- une courte notice biographique (5-6 lignes).
Une réponse sera transmise aux auteur·e·s courant mars 2026. Les articles complets seront attendus pour le 30 septembre 2026. Après évaluation en double aveugle, les textes acceptés seront publiés dans le numéro de 2027.
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Call for Papers – Deshima no. 21 (2027)
https://pus.unistra.fr/collection-revue/deshima
Northern Europe in 2100
To celebrate the 20th anniversary of Deshima, we turn our gaze to the future and invite you to join us in imagining what “Northern Europe in 2100” might look like. The North is considered here in its broadest possible sense, encompassing the countries with maritime access to the Baltic Sea, the North Sea, the Greenland Sea, and the Barents Sea (from Belgium to the Scandinavian countries, via the Netherlands).
What forms, challenges, and transformations—political, social, cultural, economic, or environmental—might shape this region by the end of the century? We welcome scholars to share analyses, hypotheses, and visions. The aim is twofold: first, to explore possible trajectories, such as the evolution of national and regional identities, demographic shifts, the energy transition, the impact of climate change, the circulation of knowledge and cultures, and the role of Northern European countries in global geopolitics. Second, we aim to foster a collective reflection that transcends disciplinary boundaries, drawing on history, social sciences, literature, the arts, and foresight studies to open imaginative pathways for thinking the futures of the North differently.
What will “Northern Europe in 2100” look like? Territories swallowed by rising sea levels—or, on the contrary, pioneering floating cities connected by revolutionary modes of transport? Landscapes reshaped by melting ice and reinvented ways of life—or ice-dominated spaces, becoming laboratories for ecological and cultural transitions? Societies in which new hybrid languages and rituals have emerged and in which national borders are mere remnants—or communities that have withdrawn, fiercely clinging to their singularities? Could the North Sea become a new Mediterranean thanks to climate-driven tourism? Will Northern legends be reimagined to address the climate crisis (giving rise to new aquatic myths)? The issue seeks to open up new lines of thought and explore both utopias and dystopias. Science fiction may also be mobilized: it is not merely an escape toward what may seem impossible; it is a tool for envisioning plausible, desirable, or unsettling futures. We invite you to draw on your critical creativity, speculative narratives, and forward-looking visions to sketch these Northern European futures.
A particularly stimulating angle would also be to examine science-fiction narratives produced in the past by Northern European countries. Since the 20th century, these territories have developed a body of work rich— yet often overlooked—in distinctive features. Exploring these fictions—whether literary, poetic, cinematic (films, documentaries, series), or visual (video games, posters)—would help bring to light imaginaries of the future deeply rooted in Northern European contexts. Without being exhaustive, one might think, for example, of Starship Troopers by Paul Verhoeven; the science-fiction novels of Alfred Elton Van Vogt, an American of Dutch origin; Solaris korrigert by the Norwegian Øyvind Rimbereid; Fugl by Sigbjørn Skåden, the first science-fiction novel by a Sámi author; Tainaron: Postia toisesta kaupungista by the Finnish writer Leena Krohn; Aniara, a Swedish–Danish film adapted from Harry Martinson’s poem; UFO Sweden, a 2022 Swedish film by Victor Danell; Blindpassasjer, a 1978 Norwegian TV series; New Babylon, a utopian urban-planning project developed in the 1960s by Constant Anton Nieuwenhuys, then a member of the Situationist movement and influenced by Guy Debord. Other founders and members of COBRA may also be mobilized. These examples are, of course, not exhaustive.
We welcome contributions that help shape these horizons: anticipatory narratives, foresight scenarios, visionary analyses, political fictions or aesthetic proposals, and analyses of earlier cultural productions. To celebrate its 20th anniversary, we hope for this issue of Deshima to become the place where desirable—or unsettling—futures for Northern Europe are imagined.
This issue of Deshima is jointly edited by Thomas Beaufils, Roberto Dagnino, Cyrille François, and Thomas Mohnike.
Submission guidelines
Proposals should be sent to Thomas Beaufils (thomas.beaufils@univ-lille.fr), Roberto Dagnino (dagnino@unistra.fr), Cyrille François (cyrille.francois@unil.ch), and Thomas Mohnike (tmohnike@unistra.fr) by 28 February 2026. They should include:
- a title;
- an abstract of 200–300 words;
- 5 keywords;
- a short biographical note (5–6 lines).
Authors will be notified in March 2026. Full papers will be due by 30 September 2026. After double-blind peer review, accepted articles will be published in the 2027 issue.
